Sortir de l'addiction au porno
Sortir de l'addiction au porno

Sortir de l'addiction au porno [Thérapies cognitives et comportementales]

Ecrit par Sylvain Guigni, 2 mai 2019
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1) Comment arrêter le porno

A) Caractéristiques du traitement thérapeutique

Un traitement orienté thérapies cognitives et comportementales (TCC) s'articule autour des actions suivantes :

  • prendre conscience de son comportement addictif et des conséquences sur son propre état physique, émotionnel et psychologique.

    S'informer de l'addiction au porno par le biais d'articles scientifiques et de témoignages d'addicts et anciens addicts.

  • adopter un état d'esprit de bienveillance et d'empathie envers soi-même : de la patience est nécessaire car le sevrage est long, jonché de multiples rechutes, avec des périodes de stagnation, des effets négatifs dûs au sevrage.
  • comprendre la réalité du porno et de ce qu'on regarde : qu'est-ce qui se passe derrière la caméra (tournage, conditions de vie, maladies physiques et psychologiques, image de la femme et de l'homme).

    Est-ce que c'est en accord avec les valeurs morales de l'addict ? Est-ce que c'est sain pour lui et les acteurs/actrices ?

    En prenant conscience de la réalité du porno, l'addict devrait facilement être dégoûté de ce milieu, cela aide dans le sevrage.

  • lire des témoignages d'addicts pour connaitre les phases par lesquelles il va probablement passer, les effets bénéfiques et les difficultés du sevrage.
  • partager le sevrage avec un autre addict : cela permet de s'engager encore plus dans le sevrage, de se responsabiliser, de s'aider mutuellement.

    L'addict apprend à se confier et à faire confiance aux autres, pouvoir compter sur les autres quand on a besoin d'aide au lieu d'anesthésier les émotions difficiles par le comportement addictif.

  • mettre en place des moyens de filtrage sur chaque appareil (ordinateur, téléphone, tablette), surtout au début du sevrage où l'addict est trop fragile pour se reposer seulement sur sa volonté et ses capacités de prise de décision.
  • éviter au maximum l'utilisation du pc/smartphone sauf besoins utiles et choisis délibérément : éviter de flâner sur les réseaux sociaux, se balader de lien en lien pendant des heures,...

    Eviter dans un premier temps les situations déclenchant le passage à l'acte, le temps d'apprendre à travailler sur vos pensées et comportements alternatifs.

  • identifier les situations à risque (situations, émotions, sensations corporelles, pensées, comportements) pour comprendre sa propre boucle addictive.

    Cela se fait grâce à l'analyse des rechutes.

    La rechute fait partie de l'apprentissage du sevrage et n'est donc pas un échec en soi : elles doivent être abordées avec bienveillance.

    Faire un suivi de son sevrage sur un carnet où l'on écrit tous les jours : émotions, situations à risque, comportement en réaction aux envies, émotions après le passage à l'acte ou non, noter les progrès/difficultés pour adapter le sevrage (chaque addiction est unique).

  • 2 manières de gérer les situations à risque la restructuration cognitive : utiliser des pensées alternatives pour vous comporter différemment.
  • la défusion cognitive : accepter l'expérience et mettre une distance si besoin pour engager des actions en direction de vos valeurs.
  • rechercher les valeurs importantes pour vous pour chaque domaine de vie

    Les valeurs seront votre phare pour mettre en place des objectifs et actions pour vivre en accord avec vos valeurs.

  • travailler sur les représentations qui renforcent l'addiction sexuelle.

    En définissant de nouveaux schémas de pensée autour de la sexualité et en cherchant à se comporter en fonction de ceux-ci, vous aurez un allié de poids pour vous éloigner de l'addiction.

  • pratiquer la méditation pleine conscience permet :
    • l'apprentissage de la reconnaissance et l'acceptation de ses émotions et sensations corporelles.
    • la compréhension que les pensées sont des événements mentaux qui sont des interprétations de la réalité.
    • le développement d'un mode de fonctionnement pleinement conscient "être" au lieu de "faire".
    • la gestion des émotions comme le stress, anxiété et des douleurs chroniques.
    • l'aide à la résolution de problèmes.
    • l'augmentation de la capacité d'attention et de mémoire.
  • développer sa sécurité d'attachement avec les autres en général, pas seulement au sujet de l'addiction.
  • une fois que le comportement n'est plus compulsif et que vous en ressentez le besoin, avec un psychologue travailler sur les traumas du passé qui ont nourri l'incapacité à faire confiance, s'attacher avec sécurité et qui ont amené à s'échapper d'un inconfort émotionnel en les paralysant.
Tous ces points (et d'autres) seront abordés en détails dans cette page.
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B) Traitement thérapeutique détaillé

1- S’informer

S’informer du porno et de son addiction pour apprendre la réalité du porno, les effets sur le cerveau et sur son état physique / psychologique / émotionnel, son rapport à l'addiction au porno.

Pour sortir de l'addiction, la première étape primordiale est de se rendre compte de la réalité de son comportement et de sortir du déni.

2- Soin auprès de professionnels et partage de votre expérience du sevrage

Thérapie avec un professionnel de l’addiction au sexe (psychologue, addictologue, psychiatre…) en utilisant les thérapies cognitives et comportementales (TCC).

Liste des organismes/praticiens par région : https://www.addictaide.fr/annuaire/

Centres et Services d'addictologie par région : http://www.ifac-addictions.fr/centres-d-addictologies-region-sud-ouest.html

L'hôpital Marmottan peut vous renseigner sur les organismes : http://www.hopital-marmottan.fr/wordpress/?page_id=1449

Numéro vert Fil Santé Jeunes : 0 800 235 236 pour les 12-25 ans

Thérapies de la 3ème vague des TCC utilisées dans l'addiction :

  • la thérapie de l’acceptation et de l’engagement (ACT) : permet d’accepter les événements et situations négatives de la vie qui jonchent notre parcours.

    Cette approche préconise d’affronter la souffrance au lieu de l’éviter sous peine de la renforcer.

    L’ACT propose d'œuvrer pour un meilleur fonctionnement, pour une vie plus en accord avec nos valeurs.

    Elle promeut la flexibilité psychologique, c’est-à-dire la capacité à pouvoir engager les actions importantes pour soi-même en présence de pensées / émotions négatives, de souvenirs traumatiques ou de sensations douloureuses.

  • la thérapie des schémas : prend en compte les schémas précoces inadaptés, les stratégies précoces et les « modes » de fonctionnement séquellaires d’expériences précoces de non-satisfaction des besoins fondamentaux de l’enfant / adolescent.

    L’approche centrée sur les schémas vise à aider les patients à combler leurs besoins de base, d’une façon adaptée en changeant et/ou en gérant les schémas inadaptés, les stratégies d’adaptation et les modes inadéquats.

Thérapie de couple, thérapies de groupe (hôpitaux).

Partager votre sevrage avec une personne réelle de votre vie peut vous faire beaucoup de bien car vous allez vous ouvrir sans barrière et vous verrez que vous serez écouté/accepté. Cela peut faire réduire la honte qu’on peut ressentir quand on pense à cette addiction.

Cela marque un progrès dans l’estime de soi, un nouveau regard sur cette addiction. Vous aurez la sensation que la rechute n’est plus un échec mais un épisode de votre sevrage.

Les personnes écoutant votre expérience du sevrage pour vaincre l’addiction au porno auront de l'admiration pour l’avoir partagé et pour se lancer dans cette aventure.

Qui sait, cela fera ouvrir les yeux à d’autres personnes et les motiver à arrêter le porno ?

Partage avec votre partenaire s’il y a, vous aurez un gros soulagement puis cela pourra donner une explication de possibles dysfonctionnements (érection, éjaculation, baisse libido,…) à votre partenaire qui vous encouragera dans votre sevrage.

En parler à des personnes qui sont dans le même processus de sevrage pour partager leurs difficultés, se motiver entre eux, avoir une oreille empathique de quelqu’un qui passe par les mêmes épreuves, pour se sentir moins seul dans ce sevrage.

Exemple : DASA (Dépendants affectifs et sexuels anonymes) ou autres groupes de parole.

J'organise une fois par semaine un groupe de parole à Toulouse.

L'objectif est d'aider les dépendants à sortir de l'addiction, en partageant leur sevrage avec d'autres personnes dans la même situation.

La séance dure 1h30-2h, avec 6 participants maximum et le groupe est gratuit.

D’après l’étude de Dawson en 2012 (Evaluating and treating sexual addiction), il est conseillé d’associer plusieurs thérapies, axées chacune sur une problématique spécifique liée directement ou non au comportement sexuel addictif.

Par exemple, une thérapie de couple, une consultation d’un sexologue, une participation à un groupe d’entraide…

Ces différentes interventions permettent de prévenir la rechute et de ne pas déplacer le comportement addictif vers une autre dépendance.

3- Outils de filtrage

Filtrage des sites pornographiques sur l’ordinateur et téléphone.

Quand vous commencez un sevrage, vous êtes très fragile face aux envies de consulter des sites porno.

Vous n'avez pas encore appris ni utilisé les techniques pour faire passer les envies comme visualiser des images mentales, visualiser les conséquences d'un passage à l'acte, se demander si le contenu correspond à nos valeurs morales, choisir un autre comportement plus sain, etc...

Il est par conséquent très difficile de se reposer sur la volonté et les capacités de raisonnement et de prise de décision (Voir les effets de l'addiction sur le cerveau).

Il est donc primordial d'avoir un garde-fou contre les envies irrépressibles, en utilisant un logiciel de filtrage ou de contrôle parental.

Une fois que vous aurez intégré avec succès les stratégies pour faire passer les envies et avancé dans votre sevrage, vous aurez moins besoin d'un moyen de blocage, vous pourrez le désactiver certains jours, puis de plus en plus progressivement...

- Logiciels de filtrage/contrôle parental sur ordinateur :

Sur un PC/MAC, on peut combiner un service de DNS filtrant (Yandex DNS, CleanBrowsing DNS, OpenDNS FamilyShield) + compte utilisateur standard (non administrateur) + règle parefeu qui bloque les requêtes DNS qui ne passent pas par les DNS filtrants.

Ainsi, pour désactiver totalement le filtrage, il faudra désactiver 2 outils et pour chacun cela demandera de saisir le mot de passe administrateur.

- Logiciels de filtrage/contrôle parental sur smartphone :

Sur smartphone, la solution précédente basée sur les DNS n'est pas fiable à 100% suivant l'opérateur mobile. Elle marchera en Wifi mais pas toujours en 3G/4G.

Pour Android, la solution la plus efficace est d'utiliser un navigateur pré-paramétré pour bloquer les sites X, comme Spin Safe Browser, Nischint Safe browser ou Anti-porno Browser.

Ensuite, il faut paramétrer le téléphone pour seulement autoriser ce navigateur "sécurisé" et bloquer tous les autres navigateurs du téléphone (comme Chrome).

2 solutions :

- Installer une application de contrôle parental comme Mobile Fence.

- Installer une application parefeu.

Pour les téléphones sans ROOT : AppLock, Netguard, Mobiwol, Datally.

Pour les téléphones avec ROOT : AFWall+

Pour iOS, vous avez plusieurs solutions :

- paramétrage IOS : aller dans Settings->General->Restrictions->Websites et choisir Limit Adult Content.

- utiliser un navigateur sécurisé puis autoriser seulement ce navigateur sur votre téléphone.

Navigateurs sécurisés : Mobicip, K9 Web Protection Browser.

Décocher les navigateurs non sécurisés dans Settings->General->Restrictions.

Tutoriel complet

4- Ecrire son histoire, ses objectifs, suivi du sevrage

Pour mieux comprendre les raisons d’un comportement addictif, il faut remonter aux premiers instants de l’apprentissage de la sexualité dans l’enfance.

Ces premiers moments ne vont pas systématiquement fournir des réponses claires et précises sur les causes de l’addiction sexuelle (il y a rarement une cause pour un effet), mais donner un contexte de fragilisation, de vulnérabilité, des séquences d’événements, des conditionnements, des fonctionnements mimétiques qui vont faire le lit d’une future addiction sexuelle.

Il doit aussi être analysé le contexte d’insécurité affective (parents, amis, partenaire), la place de la sexualité, les événements traumatiques ou vécus comme tels, le mimétisme sexuel

Ecrire son histoire sexuelle, de la rencontre avec le porno, son utilisation (combien de fois, quand, comment), évolution ainsi que les vraies relations sexuelles.

Se demander si c’est un besoin incontrôlable, qu’est-ce que je regarde vraiment et est-ce que je le ferai dans la vraie vie.

Ecrire ses objectifs (arrêt porno, arrêt porno + masturbation ?) et les bénéfices attendus.

La masturbation est "dangereuse" car elle ne doit pas être faite avec des images de porno dans la tête, et si l’on n’y arrive pas, il est possible qu’on y vienne par dépit/frustration.

La masturbation n’est pas une connexion avec la réalité, ne vous rapproche pas d’un partenaire réel, donc à voir si vous la supprimez ou non.

De plus cela alimente le système de récompense avec un nouveau schéma qui n’est pas celui que vous voulez.

Une solution est d'arrêter le porno + masturbation (reboot) au début puis une fois que le sujet est moins sensible aux envies, réintroduire la masturbation petit à petit. Elle pourra se faire avec des images non porno et bienveillantes comme imaginer d’anciennes relations sexuelles saines, s'attarder sur les caresses et les préliminaires.

Même sans se toucher, la personne va ressentir une grande excitation qui se fera ressentir par une érection et des contractions.

Pire que la masturbation, l’edging (rester tout proche de l’orgasme sans l’atteindre) peut ne pas être considéré comme du PMO (orgasme par une masturbation avec support pornographique) mais le plaisir y est.

L’edging vous fera vouloir prolonger ce presque climax et donc continuer votre shoot de dopamine.

L’edging va concentrer le sang dans les testicules car le corps s’attend à éjaculer.

Une douleur va se développer au niveau des testicules qui peut être réduite/disparaitre par l’éjaculation ou la douche froide.

De plus, on peut émettre l’hypothèse que cela favorise l’éjaculation retardée.

Attention : la consommation intermittente de porno (une session de 2h de porno entre 2 périodes d'abstinence de plusieurs semaines) pose un risque d'addiction.

Des études montrent que la consommation intermittente amène plus rapidement les changements au niveau du cerveau relatifs à l'addiction.

Source : https://www.yourbrainonporn.com/rebooting-porn-use-faqs/why-is-intermittent-use-long-abstinence-with-binges-an-addiction-risk/

Les buts à atteindre doivent être quantifiables, réalistes, normés dans le temps.

Déterminer les moyens que vous allez mettre en œuvre pour y arriver.

Se les remémorer de temps en temps pour renforcer notre conviction à arrêter.

Relire les buts à atteindre pour les évaluer et peut-être les adapter à votre situation.

A quoi veut-on que sa vie ressemble sans l’addiction, quels sont les objectifs de vie que l’on souhaite atteindre ?

=> A l’aide de ce premier cercle, indiquez quelle portion de votre vie est actuellement occupée, par les pensées, et le temps réellement consacré par :
Objectifs de vie
  • Le sexe (comportement sexuel incontrôlable et pensées liées à ce comportement).
  • Le travail.
  • La famille (place des enfants, du couple) et plus particulièrement détailler dans ce secteur la place du sexe hors addiction.
  • Les activités de loisirs.
  • Les amis.
  • Autres priorités : ...
=> A l’aide d’un second cercle, indiquez, dans votre tableau idéal, quelle est la portion que vous aimeriez voir occuper par ces différents domaines de votre vie à la fin du traitement.

Faire un suivi jour après jour :

  • À quel moment ai-je le plus envie de pratiquer mon comportement compulsif ?
  • Est-ce que j’y pense tout le temps ?
  • Ai-je envie de pratiquer mon addiction parce que je me sens énervé, triste, en colère contre mon partenaire, mon patron, ma famille ?
  • Aujourd’hui je n’ai pas pratiqué mon addiction, qu’est-ce qui m’a aidé à résister ?
  • Comment est arrivée l’envie (penser aux dernières 24h : amorces sexuelles, situations stressantes, mauvaise passe,…), comment j’ai géré cette envie et qu’est-ce que j’ai ressenti pendant la masturbation et à la fin. Quelles conséquences dans les heures qui suivent ?

Au fil du temps, comparer l’utilisation initiale du porno avec l’utilisation actuelle pour voir les progrès : le réflexe naturel (et des challenges comme NoFap) est de compter le nombre de jours sans passage à l’acte.

Il est plus pertinent de noter les améliorations dans la gestion des envies, des situations à risque car vous verrez qualitativement les progrès.

La rechute étant très présente, il peut arriver que l’addict stagne en nombre de jours mais qu’il soit plus résistant aux envies, en ait tout simplement moins envie, sache mieux identifier les situations à risque, que les passages à l'acte durent moins longtemps, que le contenu regardé soit plus soft, meilleure gestion des émotions négatives, gain de temps dans la journée, ...

Ce qui importe est comment on progresse dans la gestion de l’addiction (qualité plutôt que la quantité).

Refaire à intervalle régulier un des tests d'addiction sexuelle pour voir si l’on a évolué dans l’addiction.

Repérer les conséquences immédiates et à moyen / long terme du passage à l’acte.

Les conséquences immédiates correspondent aux ressentis physiques et psychiques qui suivent immédiatement la fin du passage à l’acte.

Les conséquences à moyen et long terme peuvent survenir après quelques minutes ou quelques heures (voire jours).

Les conséquences sont d’ordre émotionnel, physique, comportemental, sexuel et conjugal, relationnel.

Remplir un tableau des bénéfices et inconvénients à continuer l’addiction et un autre concernant l’arrêt de l’addiction (balance décisionnelle).

Bénéfices et inconvénients à continuer l'addiction
Bénéfices et inconvénients à arrêter l'addiction

Cela consiste à mieux percevoir l’ambiguïté des désirs de changement et de guérison (en fait ceci est vrai pour n’importe quel comportement qui se répète dans le temps).

Nous nous attendons souvent à ce que chaque personne reconnaisse qu’il n’y a que des avantages à changer et que des inconvénients à rester dépendant au vu des dommages créés ; en théorie cela semble évident, mais en réalisant cet exercice nous découvrons que changer (ne plus avoir d’addiction par exemple) entraîne de nouveaux inconvénients malgré l’intérêt évident à ne plus être addict.

Regardez les deux cases « avantages à garder son addiction » et « inconvénients à changer », nous nous rendons compte que l’addiction apporte du positif à très court terme (et c’est pour cela qu’il y a répétition) et sa suppression entraîne aussi du négatif à court terme, d’où le nombre très fréquent des rechutes.

Penser à tous les bénéfices qui vous attendent tout au long du sevrage, que c’est un combat que vous faites pour aller mieux, pour prendre soin de vous.

Lorsque l’on sent qu’on prend la pente descendante (retour de la masturbation ou de visualisation d’images attirantes sexuellement), se poser pour ajuster les moyens mis en œuvre (retour au reboot complet : pas de porno ni de masturbation ?).

5- Identifier les situations à risque et mieux les gérer

Identifier les situations à risque pour trouver des stratégies pour y faire face et mieux les gérer.

Cet exercice sera à refaire autant de fois que vous rencontrerez de situations à risque.

Vous pouvez utiliser le tableau suivant :

Situation :
ce qui se passe
Expérience psychologique privée Comportement :
ce que je fais
Pensées :
ce que je me dis
Emotions :
ce que je ressens
Sensations corporelles :
les décrire précisément





Pour rassembler plus d'informations sur votre boucle addictive, vous pouvez détailler votre expérience privée (émotions, pensées, sensations corporelles) avant le comportement, pendant et après.

Avant le comportement Pendant le comportement Après le comportement
Pensées
Emotions
Sensations corporelles
Pensées
Emotions
Sensations corporelles
Pensées
Emotions
Sensations corporelles

Mieux gérer les situations à risque.

Vous avez deux façons de gérer ces situations à risque :

  • la restructuration cognitive : produire des pensées alternatives pour adopter des comportements différents.
  • la défusion cognitive : accepter l'expérience (pensées, émotions, sensations) et les mettre à distance si besoin pour engager des actions en direction de vos valeurs.

Travailler sur les pensées alternatives.

Chez un dépendant au sexe, ces pensées, cognitions ou croyances renforcent le comportement sexuel addictif problématique et sont donc dysfonctionnelles.

On retrouve des pensées de type :

  • Anticipatoires, attente d’effets positifs.
  • Soulageantes, attente de réduction d’un inconfort.
  • Permissives, justifiant l’acte malgré les dangers qu’il présente.

Dans la mesure où certaines situations ne sont pas contrôlables ou ne sont pas évitables, nous pouvons néanmoins décider de faire le choix d’un comportement plutôt que d’un autre, notamment en changeant nos pensées, aussi appelées le « dialogue intérieur » !

Ce tableau reprend un exemple d’erreurs de pensées (pensées spontanées qui donnent envie) que l’on retrouve chez la personne dépendante et les pensées alternatives qui l’aident à se remettre en question pour résister à son désir de pratiquer le comportement sexuel addictif.

Erreurs des pensées

La défusion cognitive (Thérapie ACT)

L'approche classique des TCC (restructuration cognitive) est de questionner l'aspect réaliste / maladapté de nos pensées, de trouver des pensées alternatives ou plus souples pour viser une amélioration des émotions et des comportements (voir paragraphe précédent).

Une autre approche (thérapie ACT Acceptation et Engagement) vise elle à changer la fonction des pensées, plutôt que modifier leur contenu.

La défusion cognitive est utilisée dans la gestion des émotions et pensées négatives.

Le problème est quand la personne "fusionne" avec ses pensées/émotions/sensations et qu'elle se fait submerger et qu'il en résulte d'autres pensées, comportements qui ne sont pas efficaces sur le long terme pour son bien-être (ou tout autre objectif qu'elle s'est fixée).

L'idée est donc de leur faire une place et de les mettre à distance si cela est efficace sur le long terme pour notre bien-être.

Si cela n'est pas génant, handicapant de se laisser embarquer par nos pensées, nous les laissons se dérouler.

Lutter contre ses pensées/émotions négatives est néfaste sur le long terme car cela amène ces comportements :

  • pour ne pas ressentir d'émotions désagréables, la personne peut éviter des expériences qui pourraient déclencher ces émotions.

    Plus elle va utiliser cet évitement, plus elle ressentira un mal-être car elle aura de plus en plus de mal à sortir de sa zone de confort, les efforts d'évitement lui demanderont de plus en plus d'énergie, les coûts seront de plus importants.

  • elle peut aussi se divertir, anesthésier ces émotions/pensées négatives avec du plaisir (activités, substances, nourriture...).

    Sur le long terme, cela amène à l'évitement d'expériences et à l'anxiété face à des situations inconfortables.

  • elle peut adopter des stratégies de pensées :
    • ruminations sur le passé.
    • anticiper le futur.
    • justifications par des règles, jugements, raisons.

- Exemple de défusion cognitive avec les 3 N (Notice, Name, Neutralize) :

  • Prendre conscience de sa sensation corporelle/émotion/pensée, lui donner une place : "Je remarque que je suis en train d'avoir la pensée que..."
  • Nommer le processus cognitif : rumination, imaginer le pire, auto-jugement, ...

    Cela peut être fait sur le ton humouristique (suivant la gravité des pensées) : "ah tiens, voilà Mr moulin à paroles", "ah je connais cette partie de mon esprit qui rumine", ...

  • Neutraliser :
    • Se poser les questions (en relations avec vos valeurs) : est-ce que s'accrocher à cette pensée/émotion est-elle efficace pour mon bien-être sur le long terme, m'aider à être la personne que je veux être, prendre la direction que je veux pour ma vie ?
    • Autre question : quels sont les coûts de cette fusion (évitement d'expériences, annulation, perte temps / énergie, perte concentration sur une tâche,...) ?
    • Imaginer ces pensées écrites sur un écran d'ordinateur et jouer avec la police, couleur, taille, ...
    • Ecrire ses pensées sur une feuille, les énoncer à haute voix.
    • Imaginer ses pensées sur un objet proche de vous : cela renforce l'idée que vos pensées ne sont qu'une suite de mots et d'images.
    • Représenter le processus cognitif par un personnage : pour de la rumination, imaginer une machine à écrire qui écrit des pages et des pages.

      Si vos ruminations durent et vous fatiguent, imaginez un personnage qui s'épuise en donnant des coups d'épée dans l'eau, etc...

    • Exercices de méditation pleine conscience avec ces pensées : ex imaginer un ruisseau avec des feuilles à la surface et poser vos pensées dessus et voyez comme certains ralentissent, se coincent, accélèrent, tournent sur elles-mêmes, etc...
    • Imaginez d'autres techniques qui vous correspondent en gardant en tête l'objectif : le but n'est pas de chasser les pensées, mais de leur donner une place et de les mettre à distance.

- Autre technique de défusion : Drop your anchor (Acknowledge your emotions, Come back to your body, Embrace the world)

  • Prendre conscience de son émotion, pensée : même étape que "Notice" dans la technique précédente.
  • Planter les jambes dans le sol, tenez vous droit dans votre chaise, s'étirer les bras, bouger la tête.
  • Porter attention avec curiosité au monde qui vous entoure grâce à vos 5 sens.

- Lorsque nous avons une émotion désagréable, nous pouvons nous demander : quel besoin ou désir se cache derrière ?

Cela permet de prendre du recul par rapport à l’émotion, de recueillir certaines informations sur ses besoins et attentes non comblées ou partiellement.

Les émotions négatives sont souvent le signe qu’il vous manque quelque chose d’essentiel dans votre vie, dans votre environnement ou que vous ne tenez pas compte d’un besoin fondamental.

Il est donc important de s'arrêter sur les émotions, surtout si elles sont récurrentes face aux mêmes situations.

Exemple de questions que vous pouvez vous poser ?

  • Si cette émotion pouvait vous donner un conseil, quel serait-il ? Si vous suiviez ce conseil, cela vous contribuerait-il à faire un pas en avant vers votre bien-être ?
  • Si vous exprimiez cette émotion d'une façon appropriée, quel signal cela enverrait aux autres ? Comment pourraient-ils répondre à ce signal qui pourrait vous aider ?
  • Que dit cette émotion à propos de :
    • ce dont vous prenez soin ?
    • ce qui est vraiment important pour vous ?
    • la personne que vous aimeriez être ?
    • ce que vous voulez vraiment ?
    • ce que vous devez mettre en lumière, faire face ?
    • ce que vous devez faire plus, moins ou différemment ?
    • ce que vous devez faire différemment par rapport à la façon de vous considérer et de considérer les autres ?

Généralement ces questions amènent des réponses sur vos valeurs, buts, besoins, désirs que vous pouvez traduire en actions vers le bien-être.

- L'autre bienfait de ne pas chasser ses émotions et que vous allez pouvoir les partager (suivant la situation et les personnes avec qui vous êtes bien entendu) est de communiquer efficacement votre ressenti et que l'autre puisse avoir une réponse adaptée à la situation.

Si vous êtes dans une situation où vous ressentez de la tristesse mais que votre ton de voix, votre corps et vos mots disent le contraire, vous n'aurez pas une réponse de la part aidant, réconfortante de l'autre.

- Vous pouvez utiliser la défusion cognitive pour gérer vos envies sexuelles.

Exemple :

  • Je suis en train d'avoir une envie sexuelle, la sensation se situe à tel endroit.
  • C'est une sensation corporelle, c'est normal d'avoir ce genre d'envies, c'est le rôle des hormones.
  • Si je réponds à mon envie par une masturbation, est-ce que cela m'aide à aller vers un mieux-être sur le long terme ? Dans le cadre d'une masturbation avec support : est-ce en accord avec mes valeurs du couple, de la sexualité, du partenaire ?

    Si je commence à me masturber, quels sont les coûts (retard, annulation de rendez-vous, perte de temps, maintien de l'addiction ...) ?

Exercice "Surfer sur la vague" : observer comment l'envie démarre doucement, atteint son pic pour finalement redescendre. Porter votre attention sur l'endroit où se manifeste votre envie, imaginez la taille de cet endroit, quel type de sensation avez-vous, faites-lui de la place et ouvrez votre conscience autour d'elle, envoyez votre respiration à cet endroit, autorisez-la à venir et rester puis partir. Cela peut aider de donner à l'envie une note d'intensité de 0 à 10. Une fois que l'envie est redescendue, quelle action puis-je faire pour améliorer ma vie sur le long terme ? Passez à l'action !

Enregistrement audio de l'exercice Surfer sur la vague sur Youtube.

- Que faire après avoir utilisé la défusion cognitive ?

Rechercher et démarrer une action qui a du sens pour vous, en accord avec vos valeurs.

Voir le paragraphe Travailler sur ses valeurs et domaines de vie.

6- La rechute

L’addiction a une fonction, c’est pourquoi il est difficile de l’arrêter.

Face à certaines situations à risque et à certains ébranlements émotionnels (colère, stress, tristesse, ennui, joie…) le seul « médicament » utilisé par le dépendant est le comportement sexuel addictif qui lui apporte à très court terme une satisfaction par le biais de cette mise en acte.

Supprimer l’addiction revient à se confronter à ses peurs et angoisses, d’où les rechutes.
Il faut bien admettre que le vide créé par la disparition de la conduite addictive et la nécessité de recréer tout le lien social peut être terriblement douloureux physiquement et psychologiquement.
Le simple fait d’arrêter les conduites addictives, étape importante dans le traitement de toute addiction, ne sera jamais suffisant dans la résolution du problème à long terme.

Il faudra donc agir en amont pour consolider l’insécurité qui est à l’origine des conduites addictives.

La rechute peut survenir pour ces raisons :

  • l’addict a défini comme objectif de traitement la suppression de son comportement sexuel et s’en tient là sans aucune autre action sur les causes ou facteurs de risque. Les mêmes causes reviennent sans cesse avec les mêmes risques.
  • il n’est pas motivé, malgré un premier essai réussi, à supprimer totalement son trouble trop plaisant malgré tout.
  • la peur et la crainte du changement l’amènent à préférer ce qu’il connaît déjà (l’addiction) à l’inconnu du nouveau.
  • il n’a jusqu’à présent rien trouvé de mieux que le sexe pour satisfaire une excitation, un stress, une joie, une tristesse ou un ennui.
  • l’analyse du symptôme de dépendance, des séquences du jeu sexuel et des conséquences de celui-ci n’a pas été assez précisée.
  • les objectifs de fin de thérapie n’ont pas été assez bien définis soit par la personne dépendante elle-même, soit par le thérapeute, soit par les deux.
  • le patient met fin à son objectif face à une situation trop perturbante pour lui (conflit, rupture, dépression, maladie, décision de justice…) l’amenant de nouveau à un passage à l’acte sexuel addictif, évitant ainsi la confrontation au réel douloureux.

Anticiper les stades par lesquels vous risquez de passer pendant le sevrage, vous serez plus préparé aux difficultés et culpabiliserez moins des rechutes.

Une croyance qui revient chez les personnes débutant un sevrage est de penser qu'à chaque rechute, ils recommencent à zéro.

Cette pensée s'accompagne souvent de phrases négatives comme quoi, ils n'y sont pas arrivés, ils ont encore rechuté, ou qu'ils n'arrivent pas à dépasser un certain nombre de jours sans passage à l'acte.

Cette façon de penser le sevrage se matérialise par le schéma suivant :

Schéma de pensée rechute ko

La rechute ne veut pas dire que vous n’avez pas atteint l’objectif car c’est source d’informations sur ce qui nous a amorcé, une nouvelle situation/émotion/pensée et ensuite de réfléchir à ce que l’on peut faire pour mieux la gérer dans le futur : c’est comme un apprentissage.

Le sevrage est jalonné d’essais, erreurs, ratés, apprentissages, etc…

Ce mode de pensée est représenté ainsi :

Schéma de pensée rechute ok

De plus, se focaliser seulement sur l'addiction masque tous les progrès que l'addict peut réaliser en terme de réalisation d'objectifs de vie, vivre en accord avec ses valeurs, découverte de sa sexualité, la notion de couple, affirmation de soi, estime de soi, meilleure gestion des émotions, meilleure gestion des difficultés de la vie, etc...

Après une bonne période de sevrage, si l’on rechute une fois, il y a un gros risque de rattrapage des jours sans porno, comme une compensation.

Il est ainsi possible de visionner 3 jours d’affilée ou 3 fois dans le même jour après quelques jours d’abstinence.

Une attention particulière doit être portée sur l'après rechute en évitant de reconsommer quelques minutes/heures après, pour ne pas nourrir l'addiction.

Pour éviter un nouveau passage à l'acte, vous pouvez changer plusieurs éléments de votre environnement : sortir de chez vous, prendre une douche (autre utilité de la douche) et changer vos vêtements, appeler un ami si vous étiez seul.

Le but est de changer le maximum d'éléments de l'environnement de votre passage à l'acte précédent : en changeant de cadre, il est plus facile d'avoir un nouveau comportement.

Lorsque la rechute surgit, il est important d'analyser la rechute, de se rappeler ce que l’on pense du porno, relire les moyens à mettre en œuvre, se remémorer les progrès récents, les conséquences d'une autre rechute sur votre état physique et émotionnel/psychologique...

7- Découverte de soi (sexualité, sécurité d'attachement, valeurs et domaines de vie, aptitudes, passions)

Vraies et fausses croyances sur la sexualité : exemples basés sur les travaux de Tamara Penix Sbraga (Sbraga, 2003) de l’Université du Michigan aux États-Unis :

Les hommes ont toujours envie.

Un homme est avant tout une personne et comme pour tout individu, la sexualité, les envies et l’excitation évoluent tout au long de la journée, de la vie, en fonction de ce qu’il traverse et de ses différents domaines d’investissement (naissance, travail, événements de vie importants, …).

Un homme tout autant qu’une femme peut aussi ne pas avoir envie, c’est une réaction humaine.

Ainsi, une personne célibataire n’a pas à compenser son absence de relation sexuelle avec un/une partenaire par de la masturbation ou de la prostitution. Il est possible de vivre sainement sans avoir de sexualité régulière.

Je ne peux atteindre la jouissance qu’avec une seule pratique sexuelle.

Au fil du temps, on développe des préférences sexuelles, mais préférer une seule pratique sexuelle lui fait perdre toute sa saveur.

Dans le cas d’une pratique sexuelle à risque, elle peut également devenir routinière et insatisfaisante.

Cette recherche peut conduire à des comportements de plus en plus risqués dans le but d’augmenter l’excitation.

Il est possible d’apprendre à devenir sexuellement excité par d’autres comportements en s’ouvrant à de nouvelles expériences sexuelles.

Payer pour avoir du sexe est plus facile que faire des rencontres non tarifées.

En effet, sur le moment, il peut être assez facile de payer des rapports sexuels.
Mais à long terme cela a un vrai coût. Les conséquences peuvent être des problèmes financiers, des maladies, une perte de réputation, des mensonges, et du stress.

Par ailleurs, il vous sera plus difficile d’entretenir une relation mutuellement satisfaisante
suite à cette pratique car vous devrez davantage communiquer et vous socialiser.

Contrôler sa sexualité est contre-nature.

Pour vivre en société, nous devons être capables de modifier nos comportements sinon notre monde deviendrait complètement chaotique.

Il est, donc, naturel de nous contrôler afin de vivre en paix avec les autres et soi-même.

Les femmes souhaitent secrètement être dominées.

Même si les médias, les films continuent à montrer l’image d’un homme dominant, fort et protecteur qui anticiperait et devinerait les attentes sexuelles de la femme sans qu’elle ait besoin de dire ou montrer quoi que ce soit, ce n’est pas la réalité.

Personne ne va vouloir de moi car je suis dépendant.

Lors d’une rencontre, chacun arrive avec son vécu, ses fragilités et ses cicatrices mais personne n’a envie de les révéler au premier rendez-vous.

Par contre, le temps, la confiance, la complicité, la connaissance de l’autre permettent de se confier plus sereinement sur ses problèmes et les moments importants de son passé sans avoir peur de se faire juger ou rejeter par son partenaire.

Le sexe se détériore toujours avec le temps dans les relations de couple.

C’est vrai si vous n’entretenez pas votre vie sexuelle et conjugale.

Le sexe, comme n’importe quel aspect de la vie, a besoin d’attention et de soins.

Si vous n’investissez pas votre relation sur le plan affectif, si vous ne donnez pas de plaisir ni n’en recevez, si vous ne variez pas vos pratiques sexuelles, et si vous ne consacrez pas de temps à la sexualité, alors votre relation sexuelle peut se détériorer et disparaître, comme tout le reste.

Il est naturel d’avoir plusieurs partenaires sexuels.

La nature peut être sans limite mais nous sommes des êtres socialisés et les lois qui régissent notre culture, les valeurs, le cadre social nous amènent à construire une sexualité en relation avec l’autre et donc nous obligent à faire des choix.

etc...

Redéfinir l’attraction pour l’autre.

Passer d’une attraction sexuelle pour des personnes en images ou vidéos à une attraction à une personne qu’on aime et pour laquelle on a de l’affection, le sexe en serait la conséquence.

Pour y parvenir, il est nécessaire d’avoir des interactions avec les autres personnes, alors il est recommandé de favoriser les activités permettant d’entrer en relation avec les autres.

Écouter le désir de l’autre dans une relation affective.

Développer la séduction, la communication érotique, ne pas systématiquement génitaliser les rencontres à deux, découvrir ou redécouvrir les jeux corporels, les caresses et l’exploration des zones sexuelles.

Les hommes peuvent avoir leur désir sexuel diminuer au fil du temps si les relations sexuelles sont seulement basées sur l’orgasme (Coolidge effect), il est important de trouver d’autres approches : http://addictedtointernetporn.com/?p=841

Livre : Cupid's Poisoned Arrow: From Habit to Harmony in Sexual Relationships.

Travailler sur ses représentations

Il existe un nombre important de principes, préjugés portant sur la sexualité, le partenaire, les relations, depuis la plus tendre enfance.

La plupart du temps, transmis par la famille ou les amis, ces croyances ou schémas de pensées renforcent un comportement sexuel addictif (Carnes, 2001).

Il est donc important de s’attarder sur ces différents éléments pour adopter un nouveau regard sur la sexualité et qu’elle soit la plus épanouissante possible.

Pour atteindre cette sexualité satisfaisante, il faut d’abord s’arrêter et se demander ce que l’on souhaite, notamment sur la place qu’on a envie d’attribuer à la sexualité, au partenaire, au plaisir.

Pour cela, il faut se tenir disponible pour soi, pour l’autre, afin de lâcher prise et amener du changement.

Travailler sur ses représentations sur soi, la sexualité, le partenaire, les relations

Pour réfléchir à vos représentations actuelles et trouver des représentations alternatives, vous pouvez dresser un tableau pour chaque bulle.

Développer sa sécurité d'attachement.

Pour gérer les émotions / situations difficiles et se sentir moins mal, le dépendant utilise l'addiction au lieu de demander de l'aide aux autres.

En se connectant intimement avec les autres, il apprendra à faire confiance aux autres et à se sentir à l'aise dans les moments de vulnérabilités émotionnelles et sociales.

Le comportement addictif ne sera plus la réponse choisie pour gérer les moments difficiles de la vie.

Travailler sur l’estime de soi :

  • Prendre conscience de ses valeurs et ressources : être fier de moi et de ce que je fais, pense et ressens.
  • Développer ses hobbies et ses passions : être fier de ce que je crée et de ce que je vis.
  • Accroître ses capacités à gérer sa vie.
  • Apprendre à gérer des situations à risque, sans passer par des conduites addictives.

Travailler sur l’affirmation de soi :

  • Capacité à dire oui ou non
  • Exprimer ses sentiments et ses émotions
  • Supporter les critiques et émotions négatives
  • évaluer les risques de changement face à une situation conflictuelle
  • La capacité à définir des buts et objectifs les plus concrets et simples possibles pour qu’ils soient facilement atteints
  • La capacité à régler des conflits dans son milieu professionnel, familial, conjugal

Travailler sur ses valeurs et domaines de vie.

Les domaines de vie sont :

  • Famille (relations familiales et rôle de parent)
  • Relations intimes, amour
  • Amis
  • Travail
  • Développement personnel
  • Loisir, plaisir
  • Spiritualité
  • Vie communautaire
  • Environnement
  • Santé physique et mentale, condition physique

Les valeurs sont les façons de se comporter avec soi et les autres :

  • Quelle personne voudriez-vous être ? Que voudriez-vous faire ?
  • Quel type de forces ou de qualités voudriez-vous développer? Que voudriez-vous représenter?

Liste non exhaustive :

  • Acceptation/auto-acceptation : s'accepter soi-même, les autres, la vie
  • Aventureux : activement explorer de la nouveauté ou des expériences stimulantes
  • Assertivité : respectueux dans l'expression et la requête de ses droits et besoins
  • Authenticité: être vrai
  • Prendre soi : de soi, des autres, environnement, etc...
  • Compassion/auto-compassion : agir avec bonté envers moi-même et les autres dans la douleur
  • Connexion : s'engager complètement dans ce que je fais et être pleinement présent avec les autres.
  • Contribution et générosité : donner, aider, assister, partager
  • Coopération : être coopératif et collaboratif avec les autres
  • Courage : être courageux ou brave, persister face à la peur, menace ou difficulté
  • Créativité : être créatif ou innovant
  • Curiosité: être curieux, ouvert d'esprit et intéressé, explorer et découvrir
  • Encouragement : encourager et récompenser les comportements qui ont de la valeur pour moi et les autres
  • Engagement : s'engager totalement dans ce que je fais
  • Etre loyal et juste envers soi-même et les autres
  • Santé : maintenir ou améliorer ma santé physique et mentale
  • Flexibilité : s'ajuster et s'adapter aux circonstances changeantes
  • Liberté et indépendance : choisir comment je vis et comment j'aide les autres à faire de même
  • Etre amical, un bon compagnion, agréable envers les autres
  • Pardon, auto-pardon
  • Aimer s'amuser et avoir de l'humour
  • Avoir de la gratitude et apprécier soi-même et les autres, la vie
  • Honnêteté : être honnête, vrai, et sincère avec soi-même et les autres
  • Etre déterminé, être un travailleur "bosseur"
  • Intimité : s'ouvrir, se révéler soi-même émotionnellement et physiquement
  • Gentillesse : avoir de la considération, être gentil, considérer, encourager, soi-même et les autres
  • Amour : agir avec amour ou affection
  • Etre pleinement conscient : être ouvert, engagé et curieux à propos du moment présent
  • Etre ordonné et organisé
  • Persistence et détermination : continuer en dépit des problèmes et difficultés
  • Respect / auto-respect : traiter moi-même et les autres avec soin et considération
  • Responsibilité : être responsable et responsable de ses actions
  • Sécurité et protection : sécuriser, protéger ou s'assurer de sa protection et celle des autres
  • Sensualité et plaisir : créer ou apprécier des expériences plaisantes et sensuelles
  • Sexualité : explorer ou exprimer ma sexualité
  • Avoir des aptitudes, habiletés : pratiquer continuellement et améliorer mes aptitudes et m'appliquer complètement
  • Etre solidaire, aidant, disponible pour les autres
  • Etre de confiance, loyal, sincère, fidèle, fiable

Exercice :

  • écrire quelques mots clés concernant les valeurs importantes pour vous dans chaque domaine de vie.
  • noter sur une échelle de 0 à 10 l'importance que vous accordez à ces valeurs pour chaque domaine.
  • noter de 0 à 10 le succès avec lequel vous appliquez actuellement ces valeurs de façon concrète pour chaque domaine de vie.
  • écrire les blocages qui vous empêchent de vivre en accord avec vos valeurs importantes.
  • se fixer des objectifs à court terme, moyen terme et long terme pour vivre en accord avec vos valeurs importantes.

Cet exercice est à faire régulièrement pour valider que l'on vit avec flexibilité en accord avec ses valeurs.

Développer les comportements non dépendants d’épanouissement personnel

  • trouver des alternatives face à des situations à risque de
    rechute (solitude, conflit, images sexuelles…)
  • développer les compétences de résolution de problèmes notamment dans les contextes professionnels, relationnels
  • apprendre la communication verbale et corporelle vers autrui
  • faire face aux situations de crise dans la vie quotidienne
  • gérer les réactions émotionnelles (colère, tristesse, ennui, joie, angoisse, anxiété, stress…)
  • apprendre à organiser son temps, face aux temps « morts »

Juste arrêter le porno ne suffira pas car il restera un vide de plaisir à combler.

Trouver d’autres activités plus saines comme : le sport, les loisirs, la musique, activités sociales, méditation, yoga (faire attention à vos sensations du corps, améliore l’attention et concentration)…

8- Astuces

Utilisation limitée de l’ordinateur / smartphone, savoir pourquoi on l’utilise et définir le temps d'utilisation.

Une fois que le temps d’utilisation annoncé est terminé, ne pas se laisser embarquer par une autre activité ou envie.

L’utilisation du pc/portable étant fortement liée à l’utilisation du porno, il faut essayer d’y passer un temps raisonnable et de ne pas reproduire un comportement de consommateur compulsif.

Arrêter porno et exposition images/vidéos/sites qui attisent l’envie sexuelle (youtube, facebook, instagram,…), ne pas regarder avec insistance les parties excitantes des filles dans la vraie vie.

Les réseaux sociaux ont le même point commun que les sites porno : on est attiré par la nouveauté, la quantité phénoménale d’informations disponibles, l’envie compulsive de toujours regarder.

Eviter les tenues trop relax comme le bermuda/jogging à la maison, c’est plus facile de passer à l’acte alors privilégier des tenues comme si on allait sortir de chez soi.

Se sentir propre (habits, douche, linges) le plus souvent, la masturbation est associée à une idée d’avoir transpiré, de s’être sali.

Se toucher le sexe le moins possible, éviter les situations même involontaires, cela peut être une amorce.

Surtout qu'après plusieurs journées sans masturbation, le sexe est plus sensible.

Eviter ou faire attention aux substances qui font baisser votre attention/volonté comme l’alcool, drogue douce, etc… au moins durant le reboot.

Une fois votre envie passée ou apaisée, changer de pièce, mettre votre corps en mouvement, sortir prendre l’air.

Tout ce qui pourrait rappeler l'environnement de l'addiction sera une amorce pour de nouvelles envies.

La douche froide est une méthode qui revient souvent dans les témoignages d'addicts pour faire passer les envies.

Elle permet un regain d'énergie par l'accélération de votre rythme cardiaque et la contraction des muscles car votre corps s'ajuste au différentiel de température.

Elle améliore aussi la circulation sanguine et offre un effet relaxant et aide à bien s'endormir.

Un autre bénéfice intéressant est l'amélioration de la tolérance de votre corps au stress.

Ainsi, vous renforcez votre volonté en affrontant une situation désagréable.

Il est plus facile de faire passer l'envie avant qu'elle se transforme en comportement (ouverture du navigteur, recherche vidéo, début de la masturbation, ...) que pendant le comportement.

Une fois la situation à risque ou l’envie passée avec succès, les jours qui suivent vous pouvez vous rappeler que vous êtes « fragile » et que vous devez faire attention à tout comportement pour qu’il n’y ait pas d’escalade.

9- Pour les conjoints et l’entourage

La découverte par un conjoint ou un proche ou l’aveu par la personne elle-même de son comportement sexuel addictif va déclencher un « tsunami » réactionnel provoquant des comportements souvent agressifs, des émotions de colère, perte de confiance en l’autre, la relation sonne faux.

Le tabou que représente encore le sexe et la problématique sexuelle addictive, souvent associée aux perversions, rend également difficile pour le partenaire d’en parler à l’entourage. Il se retrouve donc seul à lutter face à sa souffrance, pourtant :

  • vous n’êtes pas le ou la seul(e) à vivre cette situation.
  • vous n’êtes pas fautif.
  • vous avez vécu une expérience traumatisante.
  • parlez-en à un proche et/ou consultez quelqu’un de neutre

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise conduite à tenir face à cette découverte. Chacun doit écouter ses ressentis, se questionner et se préserver.

Le conjoint doit garder à l’esprit que l’addict souffre d’une addiction, comme avec l’alcool, la drogue, qu’il est malade.

S’il accepte de se soigner, il peut arriver à réajuster sa sexualité et le couple peut dépasser cette douloureuse épreuve.

Il faut essayer de construire de nouvelles bases et mettre en place un couple plus fort, plus lié.

Pour permettre au couple d’aller de l’avant, l’échange autour des dysfonctionnements et des attentes de chacun sur la dynamique de couple semble primordial.

  • Établissez un contrat ensemble avec de nouvelles règles pour entretenir et préserver le couple
  • Acceptez que votre partenaire ait son jardin secret, cela ne veut pas dire mensonge, chacun ayant besoin de son espace de respiration propre.

    L’équilibre du couple repose sur la confiance en soi et en l’autre (difficile à retrouver après un tel problème), sur la communication honnête, sincère avec l’autre et sur l’épanouissement personnel de chaque membre du couple

  • Faites-vous aider et consultez pour décharger votre mal-être

Comment aider l’addict :

  • S’informer : en comprenant la façon de penser et d’agir de la personne ayant
    cette conduite, l’entourage sera mieux préparé pour dialoguer et apporter une aide adaptée
  • Aborder le problème et aider l’addict :

    L’addiction sexuelle peut être découverte par le conjoint, qui alerte avant même que le dépendant ne se rende compte lui-même de ses difficultés.

    Le conjoint va vouloir lui faire admettre qu’il a un problème, mais cela peut créer des
    résistances chez lui.

    Afin de favoriser la discussion et la prise de conscience du problème, quelques recommandations :

    • Identifier les situations concrètes qui font penser que la personne a un problème sexuel addictif.
    • Être à l’écoute et l’encourager.
    • Pour la personne addict, la sexualité est à la fois un problème et une solution. Accepter cette ambivalence, car elle est normale chez lui.
    • Parler de vos sentiments et de vos inquiétudes. Évoquer les conséquences que son comportement a sur le couple ou la famille.
    • Fixer clairement vos limites personnelles.
    • Interroger la personne sur sa perception de la situation et sa volonté d’apporter des changements.
    • Proposer votre soutien et votre aide si la personne souhaite s’engager dans une démarche de changement et/ou de soins.
    • La soutenir dans ses efforts et valoriser les changements positifs même s’ils paraissent minimes.
    • Trouver et mettre en place ensemble des moyens de contrôle pour la gestion des finances familiales. L’aider à mettre un contrôle parental, un cadre d’utilisation des outils numériques (ordinateur, smartphone)
    • Face à vous-même et à votre partenaire, ne pas nier l’existence de la problématique addictive sexuelle, ne pas excuser le comportement problématique non plus.
    • Ne pas espérer un changement de comportement immédiat chez votre conjoint : cela prendra du temps et lui demandera de la motivation et de la patience.

B) Difficultés

La réussite peut prendre plus ou moins de temps suivant le profil d’utilisation du porno.

Elle dépend de l'âge de l'addict.

Des études ont montré que les adolescents utilisent moins leur cortex pré-frontal que les adultes : cela induit une sensibilité forte aux dépendances et une difficulté accrue pour en sortir.

Ainsi, les adultes auraient moins de difficulté à sortir de l'addiction.

Source : https://www.yourbrainonporn.com/ybop-articles-on-porn-addiction-porn-induced-problems/you-evolved-to-be-hooked-on-porn/why-shouldnt-johnny-watch-porn-if-he-likes-2011/

Elle Dépend de l’humeur/estime de soi,... qui peut ralentir le sevrage et favoriser la rechute.

Elle Dépend si la personne est dans une relation intime avec quelqu’un d’autre.

La protéine Delta-FosB va diminuer et revenir à des niveaux normaux au bout de quelques mois. Cependant, la sensibilisation reste présente des années après, ce qui rend plus facile la rechute.

L’orgasme a été associé pendant des années au porno, alors cela va prendre du temps pour avoir des érections normales ou/et un orgasme avec un partenaire.

L’attirance sexuelle est partout, dans les films, les affiches pubs, la rue : cela demande de l’entrainement pour ne plus se focaliser dessus et savoir se préserver.

Les effets positifs du sevrage ne sont pas à quantifier par le test du porno, cela peut intervenir à plusieurs moments suivant les personnes.

Le désir du sexe peut être dormant mais en présence d’un partenaire le corps réagit bien, donc ne pas se fier au fait de ne pas être excité par des stimuli.

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2) Effets bénéfiques et indésirables au cours du sevrage

A) Effets bénéfiques

Moins de temps passé pour rechercher et se masturber sur du contenu pornographique, plus de temps libre pour ses passions ou découvrir de nouvelles choses.

Baisse attrait pour les pratiques déviantes et extrêmes.

Augmentation attirance pour les filles (ou les hommes suivant les préférences), peu importe le type de physique.

Baisse de la honte, sentiment de vide, moins de baisse d’énergie ressentie après la PMO (orgasme par une masturbation avec support pornographique).

Avec la reprogrammation du cerveau, l’addict est amené à chercher ce qui l’attire, sans avoir ce filtre pornographique.

Cela amène l’addict à se poser des questions d’autres aspects de sa vie, se remettre en question, avoir une ouverture plus grande d’esprit.

Il va se demander ce qui est bon pour lui, à faire plus attention à ses émotions.

Dans les relations sexuelles, recherche de positions ou de parties du corps qui le stimulent sexuellement naturellement.

Sexe plus basé sur le ressenti, les sensations que le visuel.

Le sevrage au porno est la porte d’entrée à la résolution d’autres problèmes (anxiété, stress, solitude, …).

Comme vu plus haut, le stress augmente la dopamine qui transforme les facteurs de stress en envies, le porno est la solution.

Il est important de trouver d’autres plaisirs, plus naturels pour remplacer le porno dans ses moments de stress, comme le sport, la méditation, les loisirs.

Le porno étant une activité égocentrique de renfermement sur soi, ouvrez-vous petit à petit aux autres, faites de nouvelles rencontres, ... pour améliorer l’ouverture de soi.

C’est en exposant ses faiblesses et en étant complètement honnête qu’on devient attirant pour les autres personnes (futurs partenaires ou pas).

Remise en question de l’image de la femme, superficialité femme ou éléments de la vie (habits, voiture,…), vos valeurs.

La remise en question du porno va mener petit à petit à sentir la même chose pour l’utilisation de la femme dans les pubs, leur mise en valeur dans la vie réelle, développer une attention particulière aux messages envoyés par la pub.

Le documentaire The Century of self explique comment s’est mise en place le modèle capitaliste dans la consommation et la politique, basé sur la manipulation de nos désirs.

https://www.youtube.com/watch?v=8Tt9hRY7Uk8

https://www.youtube.com/watch?v=NRai6iZwoUQ

https://www.youtube.com/watch?v=zTFgp8QMYYQ

https://www.youtube.com/watch?v=HULf7b_A-EY

Capacité à prendre des décisions en utilisant votre concentration, pouvoir de décision, remise en question, baisse procrastination.

Capacité à considérer ses actions dans un cadre plus large, comportement plus citoyen que consommateur.

Avec la progression du sevrage de l'addiction au porno, l’addict peut résoudre d'autres problèmes : autres addictions, développement personnel,...

Vous avez envie de sortir de l'addiction au porno ?

J'organise une fois par semaine un groupe de parole à Toulouse pour les dépendants au porno.

B) Effets indésirables

Erections spontanées dans la journée, on peut être tenté d’y répondre par de la masturbation et l’on renforce de nouveau le système de récompense.

Hypertension Epididymale ou Blue balls : en cas d’érections non suivies d'orgasme, au bout d'un certains temps le sang va s’accumuler dans les testicules et les "conduits" gonflent. Il en résulte une douleur au niveau des testicules, les douches froides sont une bonne solution pour fluidifier la circulation du sang.

Périodes de flatline (baisse libido) et d’hyper sexualité, apathie, dépression.

Malheureusement, cela peut être tenant de se tester avec le porno pour voir si l’on peut toujours atteindre le plaisir.

Agitation des émotions (haut/bas).

Rêves étranges, wet dreams

Flashs attisant le désir.