Le porno

L'industrie du porno

Ecrit par Sylvain Guigni, mis à jour le 31/05/2020
page separator

1) Accès au porno dans l’histoire récente

La pornographie existe depuis l'Antiquité, cet article retrace son histoire et ses représentations.

Ce qu'il est intéressant de voir, c'est comment le porno est passé d'une diffusion très confidentielle à la diffusion massive actuelle sur Internet.

Dans les années 90, il y avait les peepshow, les films X étaient diffusés dans des cinémas spécialisés.

Pour la visualisation à la maison, des films étaient diffusés en K7, sur certaines chaines privées (Canal +), dans des magazines au bureau de tabac.

Avec l’arrivée d’Internet, ces contenus ont d'abord été diffusés illégalement sur des canaux comme IRC, Usenet, FTP plutôt réservés à des personnes averties du milieu de l’informatique.

Puis des logiciels de partage peer2p ont été développés comme Kazaa et Emule où n'importe quel continu (images, films, musique, documents) pouvait être téléchargé tant qu'un utilisateur avait le fichier. Ces logiciels fonctionnaient comme sur un système décentralisé où chacun téléchargeait et envoyait des données aux autres, ce qui fait que la vitesse n’était pas toujours optimale et la disponibilité aléatoire dans le temps.

Aussi, le paramétrage de ces applications n’était pas accessible à tout le monde.

L’arrivée du streaming que ce soit pour les films classiques ou porno a révolutionné l’usage des contenus vidéos : facilité d’utilisation, quantité illimitée de vidéos, organisation par catégories très précises, vitesse stable.

La visualisation se fait sur des sites porno ultra connus comme Pornh*b, on va directement sur ses sites favoris. Il y a en plus des sites spécialisés suivant les pratiques, l'âge, origine ethnique, situations...

Les recherches de contenu sont aussi possibles depuis les moteurs de recherche où le filtrage est faible ou désactivé par défaut.

De nouvelles formes de porno se sont développées comme les sex cam : les internautes peuvent choisir parmi des milliers d’hôtes suivant les pratiques sexuelles, l’âge, etc…

Une fois connecté avec l’hôte, l’internaute interagit directement avec l’hôte et peut entrer en séance privée et ainsi demander ce qu’il veut.

L'évolution des navigateurs a aussi contribué à développer un comportement compulsif sur Internet grâce à la possibilité d’ouvrir plusieurs onglets en même temps.

Avec l'arrivée des smartphones en 2007, le web s’est développé sur les téléphones mobiles, si bien que l’on peut accéder à n’importe quel contenu n’importe où et n’importe quand.

page separator

2) Qui sont les acteurs porno ?

D’après l’étude de 10000 acteurs X (7000 femmes et 3000 hommes) https://jonmillward.com/blog/studies/deep-inside-a-study-of-10000-porn-stars/, en moyenne les femmes commencent à 22 ans et les hommes à 24 ans.

Leur carrière est en moyenne de 3 ans et 4 ans.

La femme la plus représentée est une brune (62% pour cheveux foncés (39% châtains, 22% noirs), 33% blond, 5.3 roux) avec un bonnet B (B, C puis D), physiquement fine.

Cette statistique montre qu’on s’éloigne de l’imaginaire « blonde aux gros seins siliconés » qu’on pouvait avoir à l’époque des films en K7, avant Internet.

Il y a une représentation dans le porno qui colle plus aux caractéristiques physiques de la population.

Il y a moins ce physique inaccessible des super stars d’avant et plus l'image d’un physique normal.

Ce qui peut faire penser que le porno est un métier comme les autres, plus accepté dans la société et que le regarder devient normal.

Il y a des actrices qui veulent découvrir leur sexualité, d’autres qui ont besoin d’attention / sentir aimer, commencent le porno car elles pensent que c’est un tremplin pour le cinéma, pour gagner rapidement de l’argent.

Pour celles qui sont déjà fragiles, le porno va leur faire beaucoup de mal : dépression, drogue, alcool, voire le suicide dans certains cas.

page separator

3) Conditions de travail des acteurs

Emploi et conditions de vie :

Pour gagner sa vie, les acteurs doivent performer régulièrement ou faire des scènes bien payés (extrêmes).

Il y a beaucoup de nouvelles filles qui entrent dans le porno et il est difficile d’avoir des scènes au fil du temps. La majorité des scènes étant des scènes avec des jeunes filles (18 ans), il vient un moment où les actrices n’intéressent plus les studios. Elles disparaissent ou sont obligés de faire des scènes de + en + hard.

Il est comumn de voir des actrices (même des très connues) diversifier leurs activités dans la vente de produits dérivés, sexcam, striptease dans des clubs, réalisation de vidéos "privées", etc...

La paye n’a pas augmenté car les studios gagnent de moins en moins d’argent (piratage sur les sites de streaming).

Beaucoup de studios ont été rachetés par les gros tubes (ex : Pornh*b), ce qui augmente la précarité des acteurs qui doivent suivre le jeu de ces multinationales au lieu des studios où il y a plus de proximité/écoute.

Il y a une différence entre les stars qui peuvent avoir de très gros salaires grâce à des contrats avec des studios (peu de films et beaucoup de représentations : sexshop, convention, striptease) et les autres acteurs.

Généralités :

L'offre de pornographie s'étend des scènes les plus soft jusqu'à de la maltraitance physique et psychologique, voire du viol.

Il existe des studios de réalisations de films X spécialisés dans des films soft où l'on retrouve une réelle connexion entre les acteurs, les 2 partenaires prennent soin l'un de l'autre, le rythme est assez lent avec des gestes doux, il y a beaucoup de temps accordé où les acteurs sont habillés, la femme a plusieurs orgasmes avant l'homme, l'homme est peu actif et laisse faire la femme, etc...

On pourrait dire que ces scènes "très soft" ressemblent beaucoup à des relations sexuelles que l'on pourrait avoir dans la vraie vie : en toute bienveillance, sans contrainte physique et morale, avec une grosse connexion, avec des partenaires qui s'oublient dans la relation sexuelle.

Il reste malgré tout que pour ses scènes soft, nous ne savons pas comment les acteurs s'y préparent, si le tournage dure 3/4 heures avec l'obligation pour l'homme de se retenir de jouir par exemple, est-ce que les acteurs prennent des produits pour durer plus longtemps, etc...

Mais le problème n'est pas là... le support (qu'il soit érotique, porno soft ou hard, consenti ou pas) n'a pas d'importance car il ne rend pas compte de ce que vous faites avec.

Quand vous vous excitez devant ce contenu (masturbation ou pas), vous êtes dans un moment où vous projetez des choses (envies, visualisations, etc...) à travers un écran (aucune interaction humaine) et où le plaisir est presque seulement tourné vers vous.

Vous allez vous concentrez seulement sur certaines parties de la scène (soi-disant les plus excitantes), regarder seulement une partie du corps et utilisez comme un objet ce que vous voyez pour ressentir du plaisir.

Dans ces conditions, où est l'échange avec le partenaire ? Où sont les autres sens comme le toucher, l'odorat ? Où est le côté relationnel / intime avec le partenaire ? Où est votre choix de faire telle ou telle chose avec votre partenaire ? Où est la part de réalité de l'expérience sexuelle si tout est fantasmé, distant ?

Vous êtes spectateur d'une relation intime sexuelle qui n'a pas lieu d'être publique, vous êtes le spectateur d'une scène où vous n'êtes jamais acteur, et vous utilisez ce contenu (d'une manière très personnelle) pour vous exciter et prendre du plaisir, en étant éloigné de vos sensations corporelles car vous êtes rivé sur le contenu visuel.

Pensez-vous que votre expérience serait plus riche et plaisante si vous viviez pleinement l'expérience sexuelle de manière active avec un partenaire avec qui vous êtes lié (la réalité), ou en regardant un contenu visuel que vous utilisez pour en faire un fantasme presque seulement visuel et tourné vers vous-même et pauvre qualitativement ?

Pourquoi donc détériorer son désir et sa sexualité, son côté humain (intimité, partage, perception avec tous ses sens, vivre le moment comme acteur, etc...) en prenant du plaisir avec un support ?

De plus, la sexualité ne se résume pas à des rapports avec pénétration entre partenaires et à la masturbation, et n'est aucunement vitale.

Pour revenir aux scènes soft, il n'est pas rare de voir des actrices qui ne font que ce type de scènes, mais souvent on voit les actrices s'orienter (par choix ou par obligation) vers des scènes qui s'éloignent de cette bienveillance et ce partage.

Une fois que nous avons abordé ce type de pornographie soft, il reste qu'il y a quantité de témoignages qui nous indiquent que les drogues et l'alcool sont souvent présents sur les plateaux.

La médication occupe une certaine place avec le Vicodin et Xanax pour les femmes, le Viagra pour les hommes.

Une scène peut prendre des heures à être filmée, le temps de la mise en place de l’éclairage, photos pour les couvertures où les acteurs restent figés pendant une position le temps de la photo.

Puis la réalisation de la scène est coupée de nombreuses fois pour nettoyer les corps, laisser un temps de repos aux acteurs pour qu'ils s'alimentent ou aillent fumer une cigarette.

Il est intéressant de regarder les pratiques que les actrices ont au moins fait 1 fois dans leur carrière :

pratiques actrices Pornhub

Même si certaines pratiques ne sont faites qu’une fois, il y a des pratiques douloureuses qui sont suffisamment présentes (anal, DPP, DP, fist, DAP) et d’autres dégradantes (cum swap, pee, take pee).

Ces pratiques combinée avec l’absence de préservatif et la pratique de l'escorting pour certaines acteurs amènent les acteurs à contracter beaucoup de MST.

Il n’y a même pas la mention Deepthroat, qui est quasiment pratiquée tout le temps et devenue normal dans le porno, et dans la culture populaire.

Scènes hardcore :

Les scènes sont définies à l’avance, on demande aux actrices si elles sont d’accord pour certaines pratiques (anal, gorge profonde, gifle, etc…) mais cela reste vague.

La scène commence souvent soft puis il y a une escalade dans la violence.

Violence sexuelle et mentale par l’agression verbale de l’acteur/réalisateur qui soit insulte et rabaisse l’actrice, lui demande de dire des propos du genre « je suis une pute » pour la rabaisser.

Une fois cette phase passée, la violence sexuelle grimpe et l’actrice ne sait plus quoi penser, se défendre, émettre une objection.

Si elle arrête la scène, elle ne sera pas payée et aura perdu ces heures de travail.

Si elle venant à arrêter la scène voire à parler de ce qu'il s'est passé, elle sera surement blacklistée car non fiable.

Entourée de plusieurs hommes dans une pièce, elle craint pour sa sécurité si elle refuse de faire ce qu’on lui dit.

Même lorsqu’elle signifie son désaccord, le réalisateur va jouer avec elle pour lui faire terminer la scène.

Pour supporter tout ça, l’actrice rentre souvent dans une dissociation pour ne pas ressentir cette douleur, honte, etc…

Quelques témoignages d'actrices (F) et d'acteurs porno (H) (activez les sous-titres pour les vidéos Youtube):

Interview de Jessie (F) : https://www.youtube.com/watch?v=FgGVL1P_HVQ

Interview de Randy Spears (H) : https://www.youtube.com/watch?v=6-SjJNT_fiw

Interview de Regan Starr (F) : http://newpartisan.squarespace.com/home/filmed-assault-tim-marchman-talks-to-regan-starr.html

Interview de Avery Taylor (F) : https://www.youtube.com/watch?v=kVbHk2M3rag

Interview de Jessica (F) : https://www.youtube.com/watch?v=Bk23mL15qpA

Livre de Jenna Jameson (F) : https://www.antipornography.org/Jenna_Jamesons_25_Reasons.html (si le site ne s'affiche pas, utiliser un proxy comme Hide me)

Pourquoi les actrices démarrent une carrière porno, continuent dans ce business et choisissent d'arrêter leur carriere ?

D'après une enquête de 2020 menée par John F. Lemon sur 730 actrices porno, il est possible de dresser un panorama des motivations pour avoir démarré une carrière dans ce milieu, continué sa carrière et arrêté sa carrière.

  • Pourquoi ont-elles choisi de démarrer une carrière dans le porno (démarrer une carrière est différent de tourner dans une première vidéo) ?
    • elles aimaient le sexe.
    • elles aimaient l'argent.
    • elles aimaient les personnes avec qui elles travaillaient.
  • Pourquoi ont-elles continué à tourner dans des vidéos porno ?
    • elles aimaient leur style de vie.
    • elles ont réalisé qu'elles ne pouvaient rien faire d'autre.
    • elles ont essayé de mettre leur passé derrière elles mais il les a rattrapé.
  • Pourquoi ont-elles arrété ?
    • elles ont perdu tout illusion dans ce business.
    • elles ont voulu retourner dans un environnement sans drogue ni alcool.
    • elles ont contracté le SIDA ou d'autres MST ou d'autres maladies invalidantes.
    • elles voulaient se marrier, avoir une famille, avoir un emploi régulier, et essayer d'assumer une certaine normalité dans leur vie.

Pourquoi les actrices ont commencé le porno ?

  • les histoires d'abus sont plutôt communs : abus physiques ou sexuels ou négligence pendant l'enfance.
  • hyper sexualité à un jeune âge : premiers désirs ou plaisirs très jeunes, ce phénomène pouvait être indépendant de tout abus dans leur histoire.
  • éducation très stricte à la maison : éducation "militaire" ou religieuse, certains psychologues peuvent penser que choisir l'industrie du porno forme une sorte de rebellion contre des parents qui sont dans le sur-contrôle.
  • certaines ont une histoire complètement normale : elles y sont venus par pur accident, ou par proposition dans l'entourage, besoin d'argent, l'aspect potentiellement fun de ce métier ou elles aiment le sexe et y voyaient une opportunité viable de faire quelque chose en dehors de la norme.
  • certaines ont été victimes de trauma dans l'enfance / jeune âge adulte en dehors d'abus physiques et sexuels.
  • les bons salaires (Cela concerne-t'il tous les acteurs ?).
page separator

4) Influences du porno et croyances dans la société

Quelles peuvent être les croyances et comportements développés par les consommateurs de pornographie ?

  • Les vidéos pornographiques dépeignent souvent (pas tout le temps) un homme dominateur qui laisse peu de place à la femme dans les ébats sexuels : la répétition de la visualisation de ce genre de scènes facilitent l'assimilation que ce comportement est normal.

    Source : 1, 2, 3, 4.

    Une étude de 2010 a analysé les 50 films les plus populaires et 88 % contenaient des violences physiques et 49 % contenaient des agressions verbales.

    En moyenne, seule une scène sur 10 ne contenait aucune agression, et chaque scène contenait en moyenne 12 attaques physiques ou verbales. Une scène particulièrement inquiétante en contenait 128 !

    La quantité de violence montrée dans le porno est étonnante. Mais tout aussi inquiétant est la réaction des victimes.

    Dans cette étude, 95 % des victimes (presque toutes des femmes) répondaient aux violences qui leur étaient faites de façon neutre ou en donnant l’apparence du plaisir.

    Si le consommateur regarde souvent ce genre de scène avec violences, comme vu précédemment il a tendance à estimer que c'est la normalité, c'est-à-dire qu'être violent avec une femme n'a pas d'éffet négatif sur les femmes, voire peut être plaisant pour elles.

  • D'après des études, les consommateurs de pornographie sont plus susceptibles d’avoir une attitude propice [favorable] aux agressions sexuelles et de perpétrer des actes d’agression sexuelle réels.

    De plus, une personne très addict à la pornographie va ressentir moins de désir et d'excitation lors de rapports sexuels.

    En effet sa consommation soutenue a provoqué une désensibilisation de son plaisir, il trouve son plaisir (quand il le trouve) dans des contenus nouveaux ou plus violents pour obtenir le même plaisir qu'avant.

    La tentation est donc grande pour lui de reproduire ce qui lui donne du plaisir dans la pornographie (hard dans son cas) dans des relations sexuelles réelles.

    Ce phénomène peut être totalement décorélé de croyances développées sur la normalité dans les relations sexuelles, l'addiction à la pornographie peut elle seule expliquer cette tentation.

  • Etude en 2016 sur 3000 personnes, concernant leur opinion sur la pornographie :
    • 90% des adolescents et 96% des jeunes adultes encouragent, acceptent ou sont neutres quand ils parlent de la pornographie avec leurs amis.

      Note : Que répondraients-t'ils s'ils connaissaient tous les conditions de tournage, de vie des acteurs porno ?

    • Seulement 54% des consommateurs de probographie croient que les actes sexuels qui peuvent forcé ou douleureux sont une mauvaise chose.
    • Seulement 44% des consommateurs croient qu'une personne représentée de manière dégradante est toujours une mauvaise chose.
    • 55% des adultes de 25 ans ou plus pensent que le porno est mauvais.
    • Les adolescents et les jeuens adultes entre 13 et 24 ans croient que ne pas faire du recyclage (56%) est pire que regarder de la pornographie (32%).
    • Seulement 43% des adolescents pensent que le porno est mauvais pour la société, 31% des jeunes adultes de 18 à 24 ans, 51% des 25-35 ans, 44% des 36-55 ans, 59% des 55-70 ans.
    • Parmi les 13-24 ans, seulement 57% pense qu'une image d'une personne complètement nue qui est excitante sexuellement est de la pornographie.
    • Seulement 24% des adultes pensent qu'une qu'une image d'une personne nue est de la pornographie, 39% des jeunes adultes pensent de même.
    • 54% des consommateurs journaliers de pornographie pensent que la pornographie avec des adolescents est une mauvaise chose.
  • Etude sur les attentes, expériences et circonstances de la pratique de la sodomie sur 130 hommes et femmes hétérosexuels de 16-18 ans en Angleterre de diverses classes sociales :

    Résultats : le sexe anal hétérosexuel apparait souvent douloureux, risqué et coercitif [contraignant] pour les femmes.

    Les personnes ont souvent cité la pornographie comme l’explication du sexe anal, en autres avec la compétition entre hommes, que tout le monde doit aimer puisque les autres le font, la coercition et la pénétration par accident. De plus, il apparait que les hommes étaient enclins à persuader ou contraindre leurs partenaires réticents.

    Conclusions : encourager la discussion à propos du consentement mutuel, réduire le risque et les techniques douloureuses et remettre en questions les idées qui normalisent la coercition.

page separator

5) Quelques chiffres sur la consommation

Statistiques de consommation du porno en 2018 : étude de Covenant Eyes.

Thèmes abordés : revenus du milieu du porno, chiffres de consommation, étude de population, représentation du porno dans la société, conséquences de la consommation de porno.

En 2017, Pornh*b publie ses chiffres de consommation :

  • 28.5 milliars de visites sur 1 an.
  • 81 millions de visites en moyenne tous les jours.
  • 25 milliards de recherches effectuées sur 1 an : 50,000 recherches par minute, 800 par seconde.
  • 4,052,542 mises en ligne.
  • 68 années de contenu mises en ligne.
  • 3732 pétaoctets (= 3 732 000 Giga octets) d'informations transférées.

Un cinquième des 14-24 ans (21 %) regardent au moins une fois par semaine du porno.

Plus d’un tiers (37 %) déclarent avoir déjà visionné ce type de programme, avec une forte différence entre les garçons (46 %) et les filles (28 %).

Cet écart se creuse avec l’âge : ainsi, chez les 14-17 ans, 18 % des garçons regardent au moins une fois par semaine du porno, contre 12 % des filles ; à partir de 18 ans, la consommation hebdomadaire concerne 33 % des hommes, contre 16 % des femmes.

La confrontation à de telles images, alors même que la sexualité psychique se développe, peut provoquer des crises d’anxiété, des troubles du sommeil, nourrir un sentiment douloureux de culpabilité et conduire à une représentation faussée ou déviante des rapports sexuels et amoureux. Or 15 % des 14-17 ans affirment regarder au moins une fois par semaine du porno.

La consommation de porno atteint parfois des niveaux dramatiquement élevés : 9 % des jeunes regardent du porno quotidiennement dont 5 % plusieurs fois par jour.

Plus précisément, la répartition entre les sexes se présente ainsi :

  • hommes : 7% regardent plusieurs fois par jour et 3% au moins 1 fois par jour.
  • femmes : 3% regardent plusieurs fois par jour et 5% au moins 1 fois par jour.

Enfin, l’addiction au porno contribue aussi aux addictions à l’écran. Notre enquête révèle d’ailleurs l’existence de liens entre les différentes formes d’addiction aux écrans : 56 % des personnes qui regardent du porno au moins une fois par jour passent plus de 2 heures sur les réseaux sociaux et 46 % consacrent plus de 2 heures aux jeux vidéo.

Source : LES ADDICTIONS CHEZ LES JEUNES (14-24 ans), Fondation Gabriel Péri, Fonds Actions Addictions, Fondation pour l’innovation politique, juin 2018

http://data.fondapol.org/non-classe/les-addictions-chez-les-jeunes-14-24-ans/

Etude de la génération Y de 412 (-54 exclus) participants tchèques et slovaques :

Regardez-vous du porno ? Hommes Femmes Total
Oui 95.9% 59.1% 71.8%
Non 4.1% 40.9% 28.2%
A quelle fréquence regardez-vous du porno ? Hommes Femmes Total
Plusieurs fois par jour 11.0% 0.7% 5.4%
Une fois par jour 14.4% 0.7% 7.0%
2–5 fois par semaine 52.5% 14.4% 31.9%
Quelques fois par mois 18.6% 54.7% 38.1%
Très rarement 3.4% 29.5% 17.5%
Hommes Femmes
En privé 99.2% En privé 100.0%
Au travail 3.4% A l'école 2.2%
A l'école 2.5% Au travail 1.4%

Source : The Internet and Consumption of Pornography: A case of Generation Y in the Czech and Slovak Republic 2018

Pourquoi les utilisateurs du porno vont sur Internet pour trouver du contenu sexuel : satisfaction sexuelle (94.4%), se sentir excité (87.2%), atteindre l’orgasme (86.5%), compenser le stress (73.8%), contrer l’ennui (70.8%), oublier les problèmes quotidiens (53%), combattre la solitude (44.9%), combattre la dépression (38.1%).

Source : Wéry, A., & Billieux, J. (2016). Online sexual activities: An exploratory study of problematic and non-problematic usage patterns in a sample of men. Computers in Human Behavior, 56, 257-266.

La recherche montre que les personnes qui utilisent le porno en priorité pour s’apaiser et réguler leurs émotions ont significativement plus de chance d’avoir des problèmes comme la dépendance au porno que ceux qui cherchent la satisfaction sexuelle, recherchent l’excitation et à atteindre l’orgasme.

Source : Wéry, A., & Billieux, J. (2016). Online sexual activities: An exploratory study of problematic and non-problematic usage patterns in a sample of men. Computers in Human Behavior, 56, 257-266.

6) Pour en savoir plus

Pour en savoir plus, une enquête de 2020 menée par John F. Lemon fait un tour d'horizon de l'industrie de la pornographie en abordant les points suivants :

  • les liens de l'industrie du porno avec le crime organisé.
  • les maladies physiques et mentales des acteurs (l'espérance de vie moyenne d'un acteur américain est de 37,43 ans alors qu'un américain vit en moyenne 78,1 années).

    Des statistiques assez parlantes qui discréditent l'idée souvent présentée par les acteurs / lobbies pro porno, comme quoi les acteurs sont testés très régulièrement et ont moins de MST que la population générale :

    • la Chlamydia et la Gonorrhea est 10 fois plus présente chez les acteurs que parmi la population de Los Angeles agée de 20-24 ans.
    • 66% des acteurs porno ont de l'herpès.
  • les lobbies pro porno et leur influence sur le politique.
  • les liens entre la consommation de pornographie et le divorce : en 2003, une étude aux Etats-Unis a révélé que 58% des divorces étaient le résultat d'une consommation excessive de l'un des époux.
  • les effets négatifs de la pornographie sur les adolescents :
    • en 2016 au Canada, une étude a montré que 45,3% des adolescents ont des problèmes d'érection.
    • une étude sur les 14-19 ans a démontré que les filles qui ont consommé de la pornographie ont une probabilité plus grande d'être victimes de harcèlement sexuel et d'agression sexuelle.
    • les consommateurs de pornographie ont plus de probabilité d'avoir une mauvaise estime d'eux.
    • la distorsion de la sexualité à un moment où les adolescents sont fragiles en terme de croyances sexuelles et de valeurs morales.
  • les liens entre consommation de pornographie et les violences sexuelles : 46 études publiées ont démontré que l'exposition à la pornographie augmente les probabilités de commettre des délits sexuels.
  • une étude sur 730 actrices porno : âge, niveau d'étude, statut marital, activités professionnelles dans le milieu du sexe, abus... pour essayer de comprendre pourquoi elles ont commencé une carrière dans l'industrie du porno, y sont restées et pourquoi elles ont arrêté.

7) Filtrer la pornographie ?

Etant donné le manque de volonté politique de s'occuper du sujet de la diffusion de la pornographie, il convient que chaque personne en tant que citoyen s'intéresse à cette industrie, à son impact sur nos croyances et notre sexualité et à sa façon de vivre sa sexualité.

Une fois ce travail fait, chaque adulte pourra être mieux armé pour parler de sexualité et de pornographie avec les adolescents, que ce soit à la maison, à l'école ou d'autres lieux (associations sportives par exemple).

Comment informer et protéger les adolescents et jeunes adultes ?

  • Education des parents à la sexualité et à la pornographie, ainsi que comment communiquer sur ces sujets avec leurs enfants.
  • Commencer l'éducation sexuelle au collège et présenter la pornographie, ses représentations, ses conditions de trvail et ses effets sur la sexualité des consommateurs.
  • Information sur l'éventualité de passer d'une consommation non pathologique à une consommation addictive et les effets de l'addiction sur le moyen / long terme.
  • Protection des outils numériques pour les mineurs sur ordinateur et smartphone, en utilisant un outil de blocage et d'historisation des sites visités.

    En complément du filtrage, favoriser la discussions entre parents et adolescents sur leur consommation et amener les adolescents à réfléchir sur leur sexualité.