L'addiction au porno

L'addiction au porno

Mis à jour le 14/08/2022 12:51:34

Sommaire :

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1- Utilisation du terme addiction

On parle d'addiction car l'addiction est une participation/implication répétée avec une substance ou une activité, en dépit du mal qu'elle peut causer, parce que cette implication a été (et peut continuer) plaisante et/ou valorisante.

Pour autant, chaque personne aura des spécificités dans les stimuli déclenchant des pulsions/envies sexuelles, les différents contextes environnementaux/émotionnels/cognitifs/ corporels spécifiques à une consommation, les fonctions que remplit le comportement addictif, son histoire avec la consommation de porno et la sexualité, les conséquences positives et négatives du comportement, la fréquence de visionnage et le type de contenu, etc...

Ce terme d'addiction ou d'addict n'est pas du tout intéressant tellement il cache des disparités chez les individus en proie à ces difficultés, peut déresponsabiliser ou infantiliser la personne concernée, n'aide pas à rechercher et comprendre les éléments moteurs de ce comportement problématique.

De plus, chaque personne concernée peut estimer que son comportement sexuel n'est pas problématique et se faire évaluer par quelqu'un d'extérieur sur sa pratique de la sexualité peut être vécue comme un acte coercicif, dogmatique, dépassant le cadre intime de la personne.

Le sujet de la sexualité concerne tout le monde, il est nécessaire que chacun s'interroge sur la place de la sexualité dans sa vie et les façons d'en faire un objet d'épanouissement sain pour lui et son partenaire.

"Addiction" et "addict" sont donc utilisés sur ce site par commodité de langage et surtout pas pour un diagnostic.

Un article intéressant sur l'addiction et la pornographie : la pornographie comme addiction de Patrick Baudry.

Cette démarche de diagnostic de pathologies mentales provient du DSM qui est une bouille intellectuelle produit par des personnes en conflits d'intérêt avec l'industrie pharmaceutique qui est elle-même le repère de financiers et de scientifiques incompétents et malveillants, pour ne pas dire criminels.

Si l'on prend la dépression par exemple, sujet que je connais plutôt bien pour en avoir fait une dizaine dans ma vie, cette théorie bidon de déséquilibre chimique repose sur du vent et remplit les caisses des laboratoires fabricant des anti-dépresseurs.

Si vous êtes dans un état dépressif (dysfonctionnements comportementaux pendant plusieurs mois amenant à des comportements internes et externes et des manifestions physiques que l'on constate souvent dans un état dépressif), ce n'est pas parce que la chimie du cerveau est perturbée et surtout les manifestations physiques (ralentissement cognitif, flou, fatigue, perte d'appétit, etc...) ne sont que temporaires pendant cette période. A partir du moment où vous allez re-engager des actions qui ont du sens, que ces actions vont avoir un certain succès, que vous vous en rendez compte et persévérez, que vous retrouvez de l'allant et de l'espoir dans la vie, vous sortirez de la dépression en quelques jours.

Le terme "dépression" ne devrait pas être utilisé car c'est un langage utilisé par la médecine conventionnelle mortifère (constituté d'un mélange de criminels et d'ignorants) pour mieux vous enfoncer dans votre trou (votre mal-être) et vous empoisonner.

Mais si l'on s'en sert de mot-concept, on va le faire pour indiquer ce qu'il se passe pendant cette période : il y a un écart entre les actions et votre idéal de vie et vous vivez mal cet écart ; en désespoir de cause vous venez à ralentir votre activité physique et mentale, vont alors s'en suivre des conséquences physiologiques majeures (ralentissement cognitif, perte d'énergie et d'appétit, apathie émotionnelle, etc...) et que vous allez potentiellement encore agraver en ralentissant encore plus votre activité.

Avec les bonnes compétences et en les mobilisant à bon escient, il est possible - comme j'ai pu l'expérimenter - de sortir de dépression en très très peu de temps.

Evidemment, ce n'est qu'une partie du travail, puisque l'on ne résoud pas de gros problèmes en 2 jours.

Sortir de l'état dépressif qui nous met des bâtons dans les roues est une étape importante mais le travail sur soi doit continuer, en terme d'analyse et de changement de comportements, sous peine de revenir au point de départ dans quelques mois ou années.

Pour vous montrer comment c'est très subjectif suivant les personnes et les situations de vie rencontrées, on peut prendre ces 4 possibilités :

  • vous avez peu de succès dans vos actions sur les sujets qui ont du sens pour vous mais vous le vivez plutôt bien (pas de rumination, de découragement, d'évitement de situations potentielles importantes qui peuvent être stressantes, etc...), vous ne basculerez pas dans un état dépressif même si vos actions ne sont pas très efficaces.
  • même cas que précédemment mais vous ne supportez pas les échecs ou ratés dans vos actions, vous vous auto-flagellez (vous estimez que vous n'y arriverez pas, que vous êtes nul, que les autres sont mieux que vous, etc...) et vous abandonnez plusieurs activités/actions importantes pour vous, vous partirez en dépression.
  • vous êtes très actif dans les domaines importants pour vous, même si vous rencontrez certaines difficultés ou échecs/ratés, vous restez combatif et déterminé à continuer à aller dans le sens de ce qui est important pour vous et corriger ce qui ne marche pas, tout se passera bien pour vous.
  • vous faites beaucoup d'actions qui ont du sens mais dans certains domaines vous vivez mal une stagnation ou un échec, vous commencez à passer trop de temps dans votre tête à vous juger, à vous mésestimer jusqu'à laisser tomber de plus en plus de choses qui ont du sens, vous basculerez dans un état dépressif.

Evidemment, que cela prend normalement plusieurs mois pour tomber en dépression, cela dépend de vos comportements internes et externes et à quelle vitesse vous vous enfoncez dans l'inaction, l'auto-flagellation, le désespoir, etc...

D'un autre côté, pour en sortir c'est bien plus rapide si vous faites ce qu'il faut.

Avec ces exemples, on voit que ce qui détermine le basculement dans un état dépressif est la combinaisons d'un écart entre vos actions et votre vie désirée et un certain rapport avec cet écart.

Sur toutes les dépressions que j'ai pu faire, celles que j'ai le mieux gérées, j'en suis sorti en moins d'une semaine d'actions en direction de ce qui était important pour moi et retrouver un espoir dans mon futur.

Pourtant cela faisait 2/3 mois que j'étais en dépression, il ne m'a pas fallu 2/3 mois d'actions pour en sortir, comme expliqué précédemment.

Donc, surtout ne touchez pas aux médicaments (vive son inefficacité et ses effets secondaires graves !). L'industrie pharmaceutique responsable de la médecine moderne est oublier, à moins que vous souhaitiez porter atteinte à votre santé.

Si vous souhaitez savoir ce que la médecine moderne fait depuis 2020 et avant, lisez cet article : https://yvesnole.org/covid-infos.pdf

Un livre qui me semble intéressant sur la médecine : Traité de phyothérapie clinique - Endobiogénie et médecine, Dr C Duraffourd et Dr JC Lapraz, 2002.

Si vraiment vous souhaitez influer sur vos capacités cognitives par le biais d'un élément extérieur (j'espère que vous voyez le côté dangereux de la démarche d'attendre d'un produit qu'il vous aide à régler un état dépressif qui a émergé par la répétition de certains comportements internes et externes dysfonctionnels), certains plantes activent vos capacités cognitives mais ce qui vous fera sortir du mal-être est la conjugaison d'actions efficaces en direction de ce qui a du sens pour vous, de faire faire la constation que vous êtes dans cette démarche et de continuer en ce sens.

La plante qui aurait de bons effets est le gingko biloba cf le paragraphe consacré aux troubles cognitifs du livre Grand manuel de phytothérapie .

Passons quelques temps sur le DSM qui est écrit par l'APA (American Psychiatry Association).

Il suffit de lire l'introduction du DSM-5 pour comprendre l'arnaque du DSM: "tous ces efforts ont été dirigés vers le but d'améliorer l'usuabilité clinique du DSM-5 en tant que guide dans le diagnostic des désordres mentaux. Puis "Cependant, les deux décennies depuis la sortie du DSM-4 ont vu des progrès réels et durables dans certains domaines tels que la neuroscience cognitive, l'imagerie du cerveau (IRM), l'épidémiologie et la génétique".

=> La génétique et l'épidémiologie facteurs d'un état dépressif ?

Où est la psychologie là-dedans, c'est-à-dire l'étude des comportements humains et de la condition humaine ?

Où sont les disciplines périphériques à la psychologie telles que la philosophie, sociologie, politique, etc... ?

Ah ben non, on va vous aider à mieux comprendre votre état dépressif (qui est très spécifique à votre situation et très dépendant de vos actions et de votre perception de leur efficacité) par l'analyse d'images de votre cerveau, de vos gènes, de l'épidémiologie.

"La task force du DSM-5 supervisant la nouvelle édition a reconnu que les avancées de la recherche requièreront des changements précautionneux et itératifs si le DSM veut maintenir sa place en tant que pièce angulaire dans la classification des désordres mentaux".

=> Avec le paragraphe précédent on touchait du doigt l'incompétence, ici on découvre au grand jour l'envie du DSM d'être et de n'être que , ils essaient d'asseoir leur image d'autorité scientifique (ceux qui souhaitent être les figures d'autorité d'un domaine peuvent aller faire une introspection parce que cela ne sert à rien et c'est bien trop dangeureux pour vous et les autres d'avoir des "gouroux").

Le côté argument autoritaire et de supériorité c'est déjà puéril mais quand la qualité de leur travail laisse à désirer, ils se couvrent de ridicule. Un peu d'humilité et de recherche de qualité de travail seraient des valeurs à poursuivre, mais cela n'a rien d'étonnat puisque leur travail n'est là que pour l'industrie pharmaceutique et les médecins et psychiatres qui prescrivent leurs produits inefficaces et nocifs.

Qui a écrit le DSM-5 ? Pour la grande partie des PHD (docteurs) et MD (docteurs en médecine), puis quelques autres spécialistes comme des MPH (master en santé publique), mhs (master en science de la santé), mpp (masteur en politique publique), msc (master en science). Où sont les psychologues là-dedans ? Et bien nulle part puisque les psychologues ne peuvent pas prescrire de médicament, c'est simple ! Il ne faut surtout pas faire travailler des psychologues pour contrôler la doxa pharmacologique.

Après trouver un très bon accompagnant chez les psychologues, ce n'est pas gagné !

Dans le même genre que le DSM, je peux vous parler rapidement du livre "Clinical Handbook of psychological disorders 5th edition", édité par David H. Barlow. On y retrouve les défauts habituels de présenter des interventions similaires ou se recoupant pour différentes "pathologies", au lieu de s'intéresser à tous les micro-comportements internes et externes dysfonctionnels.

En 2ème de couverture, on peut y lire : "Ce texte de référence clinique adopté largement est reconnu comme le premier guide pour comprendre et traiter les désordres psychologiques fréquemment rencontrés chez les adultes. Mettant en valeur les interventions psychologiques basés sur la preuve (voir le laïus dans cette partie sur les pratiques basées sur la preuve) cette édition adresse la question la plus pressante posée par les étudiants et les praticiens : "Comment je le mets en pratique ?" Les créateurs de certains des protocoles de traitement les plus connus démontre leur approche respective pas à pas."

=> Toutes les interventions proposées par la "science" se recoupent en plusieurs points, sûrement que ces créateurs d'intervention se sentent obligés de réinventer la roue tous les 5 ans pour y accoler leur nom : c'est une belle leçon de mauvaise résolution de problèmes, d'humilité, d'esprit coopératif ! C'est assez comique venant de la part de chercheurs en psychologie qui sont censés être très avancés dans la compréhension de l'être humain et de ses comportements et ont pour missions de nous aider à mieux nous comprendre et comprendre les autres ainsi que mieux fonctionner.

"La 5è édition a été grandement révisée pour incorporer les avancées cliniques et les avancées de la recherche, mais aussi les changement dans les critères de diagnostic du DSM-5."

"Des leaders d'autorité présentent de la recherche et de la théorie à l'état de l'art sur chaque problème clinique. Ils expliquent les concepts basiques qui guident le traitement et identifie quelles facettes du désordre sont les cibles de l'intervention".

Plus loin "ce manuel complet sera lu et consulté à plusieurs reprises par les cliniciens, élèves et chercheurs en psychologies cliniques, coachs, psychiatres, travail social, thérapeutes familiaux et infirmières psychiatriques. Il s'agit d'un texte idéal pour les cours de psychothérapie et de pratique fondée sur des données probantes de niveau supérieur.".

=> On retrouve là l'argument d'autorité - qui a décidé que c'était les personnes les plus compétentes et comment, à quoi cela sert-il d'avoir un classement, on n'est plus à l'école si ? - ainsi que la prise en compte du DSM-5 pour proposer des pistes de compréhension des désordres psychologiques et des traitements pour les améliorer.

Posez-vous la question pourquoi les consultations de psychiatre sont remboursées et pas celles des psychologues ?

Parce que les psychiatres ne sont pas bien formés à la psychologie (L'Etat actuel n'est pas là pour vous aider) et qu'ils promeuvent pour la grande part les traitements pharmacologiques.

C'est très intéressant pour un Etat corrompu et peu intéressé par votre bonne santé comme la France : la sécurité sociale paie des sommes astronomiques en consultation de faible qualité pour la majorité et millions d'antidépresseurs, autres anxiolitiques et autres drogues pour une efficacité négative (effets secondaires et déresponsabilisation entre autres).

Par le remboursement des consultations auprès des psychiatres, on privilégie ces derniers au détriment des psychologues, ce qui fait que les gens en besoin d'aide se tournent moins fréquemment vers les psychologues, qui sont plus à même de les aider, encore faut-il tomber sur un bon psychologue évidemment.

Si vous souhaitez savoir ce que pense la Haute Autorité de santé (tiens encore ce mot autorité, décidemment) sur la dépression : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2017-10/depression_adulte_recommandations_version_mel.pdf

Dans ce document, la part belle est faites au DSM-5 et aux médicaments, et trop peu à l'aspect psychologique et à l'accompagnement thérapeutique.

La HAS sur son site Internet se décrit comme "une Autorité publique indépendante à caractère scientifique, qui vise à développer la qualité dans le champ sanitaire, social et médico-social, au bénéfice des personnes. Elle travaille aux côtés des pouvoirs publics dont elle éclaire la décision, avec les professionnels pour optimiser leurs pratiques et organisations, et au bénéfice des usagers dont elle renforce la capacité à faire leurs choix. Elle a été créée par la loi du 13 août 2004 relative à l’Assurance maladie". => Ce serait une autorité publique indépendante (il n'y a rien qui va dans cette expression) à caractère scientifique créée par une loi relative à l'Assurance maladie. Toujours sur son site, elle présente ses trois missions :

  • Évaluer les médicaments, dispositifs médicaux et actes professionnels en vue de leur remboursement [médicament et dispositifs médicaux en premier évidemment / un acte professionnel est "un geste clinique ou technique réalisé par un professionnel de santé. Les actes, de nature très diverses (prise de sang, un examen d’imagerie ou une nouvelle technique chirurgicale…), ont un but de diagnostic, de prévention, de traitement ou de rééducation et concernent aussi bien la médecine de ville que l’hôpital, les professionnels du secteur médical que le paramédical.

    Pas de trace de l'accompagnement psychologioque ici.

  • Recommander les bonnes pratiques professionnelles, élaborer des recommandations vaccinales et de santé publique [ouch les vaccins]
  • Mesurer et améliorer la qualité dans les hôpitaux, cliniques, en médecine de ville, et dans les structures sociales et médico-sociales.

    Où sont les psychologues libéraux ?

Donc tout simplement, fuyez toutes les personnes ayant une approche médicale (médecin, psychiatre, etc...) pour des problèmes d'origine comportementale et dont le maintien et l'agravation sont explicables par des comportements.

Revenons au sujet qui nous intéresse : le comportement sexuel délétère.

L'addiction a apporté ce que la personne appelait du plaisir, une satisfaction, un apaisement, tout cela n'était qu'éphémère et illusoire. Le simple fait de devoir répéter le même comportement, les mêmes stratégies, les mêmes scénarios, rendent compte de l'absence totale de tout épanouissement sexuel voire de toute construction affective durable.

La dépendance a enfermé le sujet, l'a isolé et a fini par le faire souffrir.

Le passage à l’acte s’effectuera après un certain temps, plus ou moins à distance de l’événement déclenchant (ou amorce), plus ou moins long selon un curseur variable :

  • Certaines personnes vont laisser passer plusieurs minutes à plusieurs heures avant de passer à l’acte.

    Elles luttent soit pour éviter le passage à l’acte (culpabilité, anxiété, remords), soit pour parfaire leur scénario et leurs sensations d’excitation, soit pour maintenir ceux-ci en éveil avant de trouver l’occasion de passer à l’acte…

  • Certaines personnes vont passer à l’acte dans une immédiateté sans limite qui évite toute réflexion posée et donc tout contrôle.
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2- L'histoire personnelle

Source : Sexe sans contrôle surmonter l'addiction, Dr François-Xavier Poudat et Marthylle Lagadec, 2017

L'addiction s'inscrit dans une histoire individuelle avec des facteurs de vulnérabilité personnelle qui, dans un contexte socio-environnemental particulier et exposé à l'objet sexuel, va déclencher le comportement addictif et sa répétition incontrôlable (Olievenstein, 1983 ; Lejoyeux, 2010)

Il est difficile d'imaginer qu'une cause spécifique puisse à elle seule déclencher l'apparition d'une conduite addictive. Un ensemble de facteurs va intervenir dans le déclenchement de la dépendance sans que l'on sache réellement pour quelles raisons certaines personnes deviendront addicts et d'autres pas alors que le contexte familial et environnemental pourrait être le même.

Pour une même famille, certaines personnes ont pu vivre des situations traumatiques sans dommage pour leur avenir alors que d'autres vivront douloureusement ces mêmes traumas.

D'autres facteurs de vulnérabilité sont également présents comme la mauvaise estime de soi, la difficulté à la résolution de problèmes, l'impulsivité, la recherche de sensations et de nouveauté…

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3- Rôle de l'addiction

Source : Sexe sans contrôle surmonter l'addiction, Dr François-Xavier Poudat et Marthylle Lagadec, 2017

Vous retrouverez ci-dessous une liste d'utilisations du comportement sexuel :

Apaiser un mal-être émotionnel et une tension interne comme de la colère, de l'anxiété, de la tristesse.

Le passage à l'acte sexuel permet d'extérioriser cette tension et, par ce biais, de la soulager.

Oublier, fuir, échapper, éviter, le sujet recherche par l'addiction à éviter de revivre des situations de mal-être et de souffrance passées ou présentes.

Il est parfois préférable, pour certains sujets, de se réfugier devant un écran pour « voir ce qu'il ne fera jamais dans le réel » (cybersexe) ou pour communiquer dans des réseaux sociaux, plutôt que de faire face à de vrais échanges ou d'affronter certaines difficultés de la vie. L'addiction sexuelle, par la saturation et l'effet « bulle », crée un état second qui anesthésie la personne face à une souffrance intolérable provenant d'un traumatisme passé ancien ou récent (inceste, violence sexuelle…)

Souffrir ou se punir confirme le dégoût de soi qui est au centre de cette fonction. Des événements traumatiques de l'enfance tellement déniés par l'entourage ravivent la culpabilité amenant au dégoût de soi. La dépendance devient le moyen le plus simple de se salir davantage et de confirmer sa propre responsabilité dans les événements passés.

S'affirmer et se valoriser, l'addiction peut être un moyen narcissique de se rassurer et d'exister au travers de ce comportement. C'est le cas de certains consommateurs sexuels, de dragueurs invétérés, de phobiques sociaux « qui voient dans les multiples confrontations sexuelles, sans suite, le moyen de tester leurs capacités ou d'amplifier des croyances de toute puissance.

Tout cela cache évidemment des doutes, des peurs, des craintes de ne pas être à la hauteur et de ne pas satisfaire l'autre » (Médecine sexuelle. Fondements et pratique Courtois, 2016)

Combler le temps libre car la personne n'arrive pas à trouver d’idée d'activités activités intéressantes / constructives ou elle a des difficultés pour les démarrer.

Se récompenser d'une action importante réussie comme résoudre un problème, avancer sur un projet au travail, etc...

Le problème ne vient spécialement du choix de la masturbation pour se récompenser, il existe d'autres récompenses extérieures comme l'alcool, le sucre, la nourriture, faire des achats, etc...

Nous pouvons souvent entendre qu'il est nécessaire de se récompenser lorsque nous avons accompli quelque chose, surtout lorsque la tâche en question était difficile.

Peu importe la récompense externe choisie, son effet sera de courte durée, nous aurons très vite fait d'oublier pourquoi nous nous récompensons, en quoi la tâche accomplie était importante pour nous.

Nous n'avons pas besoin de récompense externe, au contraire ce sont souvent des solutions peu qualitatives et artificielles.

Pourquoi ne pas tout simplement réfléchir à la tâche accomplie ?

Pourquoi celle-ci a constitué un effort important ? Dans quel contexte plus large s'inscrit-elle ? Quelle est la suite derrière ? A quoi je peux prétendre ?

Pensions-nous y arriver au départ ? Avons-nous appris quelque chose ? Sommes-nous contents d'avoir été au bout ?

Toutes ces questions vont normalement faire émerger en vous des sentiments agréables comme de la joie, fierté, sentiment d'accomplissement, d'aller dans la bonne direction, etc...

Sans chercher à vous récompenser du travail fait, ces questions vous permettront de travailler sur vos compétences, à ce qui a du sens pour vous, à ressentir des émotions et sentiments au sujet de la tâche réalisée, à consolider votre motivation à continuer en ce sens.

Vous pourrez aussi réaliser la place et l'utilité de la tâche dans un contexte plus large, la tâche étant peut-être seulement une action parmi un ensemble d'actions plus large (sous forme d'objectif, de projet).

En observant ce contexte plus large, vous pourrez réaliser le sens qu'il a pour vous, en quoi il contribue à votre épanouissement, à rechercher d'autres actions de ce type dans d'autres domaines de vie, toujours dans cette optique de faire ce qui a du sens et ce qui est important pour vous (les compétences et les les façons d'être que vous aimeriez utiliser de manière régulière dans votre vie).

Rechercher de la nouveauté, pour avoir toujours plus de sensations fortes. L'addiction, par son caractère « boulimique » et sans fin, permet, par la nouveauté et le changement des situations sexuelles, a minima, de virtualiser ses fantasmes, mieux que dans l'imaginaire (d'où l'intérêt du cybersexe), de vivre des sensations jamais éprouvées et d'accentuer le niveau d'excitation sans fin.

Sortir de l'ordinaire, stimuler l'existence et exister, l'addiction sert à faire face au vide, au néant, au manque, à l'absence, au rien… La boulimie de sexe est une pratique courante qui donne du poids à la vie de l'addict.

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4- Questionnaires d'auto-évaluation

Il existent des dizaines de questionnaires issus de la recherche en psychologie, pour évaluer l'utilisation problématique de pornographie.

Selon une étude faite sur les questionnaires d'évaluation en 2019, il y a 3 tests qui se démarquent car ils couvrent la plus grande quantité des composants de l'addiction :

Parmi tous les tests analysés dans l'étude, il y en a qui adressent seulement certains composants de l'addiction et fournissent plus de détails pour examiner un composant spécifique.

Par exemple, le Pornography Consumption Questionnaire (PCQ) pour les envies irrépressibles, ou les PCES, the PCES-R et PCES-SF pour les conséquences négatives.

Les tests ont été évalués par rapport à une liste de composants de l'addiction :

  • la perte de contrôle.
  • désir fort de s'engager dans le comportement addictif.
  • la proéminence du comportement.
  • utiliser le comportement addict pour améliorer son état psychologique négatif (humeur, sentiments, émotions).
  • les conflits interpersonnels.
  • les conflits dans la vie en général.
  • les conflits intrapsychiques.
  • les conflits occupationnels et d'éducation.
  • les conflits à propos de la vie sexuelle.
  • les problèmes de sommeil.
  • les attitudes négatives.
  • les problèmes financiers.
  • les répercussions dans la famille et les loisirs.
  • les effets de sevrage.
  • la tolérance au comportement.
  • la rechute.
  • mentir ou se cacher à propos du comportement.
  • continuer malgré les conséquences négatives.

Aucun test n'a pu cibler tous les composants de l'addiction listés ci-dessus.

De plus, nous pouvons ajouter d'autres critères qui me semblent très importants comme la notion de plaisir, la sexualité désirée et pourquoi, quelles stratégies employez-vous pour aborder les moments difficiles, comment vous occupez votre temps, quelles fonctions remplit ce comportement sexuel chez vous, quelle est votre histoire avec la sexualité, etc...

Il est intéressant de ne pas s'arrêter aux tests d'évaluation qui sont loins d'être pratiques à utiliser et de regarder de manière générale quels sont les comportements problématiques de la personne ou encore quels sont les domaines de vie où il rencontre des difficultés pour viser un bien-être général.

En plus des effets de l'addiction détaillés ci-dessus, l'addiction se développe par stades.

La liste suivant est un scénario possible parmi d'autres et ne représentent pas le parcours universel de chaque personne.

  • Après l'initiation, recherche de plaisir ou de sensations fortes, baisse de l'inconfort intérieur (pensées, émotions, sensations corporelles désagéables).
  • Préoccupation avec des pensées excessives pour l'objet de l'addiction, plus de temps passé dans la planification et la consommation.

    Le temps consacré à cette activité déborde sur les activités importantes de la vie quotidienne.

  • Malgré l'épuisement du corps, potentiellement la personne escalade son comportement addictif en augmentant les stimuli et en adaptant sa pratique pour essayer d'avoir la même intensité de plaisir / sensations ou autres états intérieurs recherchés.
  • Au fil du temps, les situations à risque se multiplient et la perte de contrôle de ses comportements grandit : les fonctions du comportement addictif deviennent plus nombreuses sans que la personne n'y prête attention. Le comportement non désiré rentre dans le champ du normal pour la personne. Si en plus il y a de nombreuses personnes, surtout les jeunes, qui consomment de la pornographie, elle peut s'en servir comme d'une règle à suivre à son détriment : "il est normal de consommer de la pornographie puisque énormément de personnes le font, pourquoi j'arrêterais ?". Des arguments non rationnels de minimisation des conséquences du comportement peuvent compléter la discussion interne pour avaliser la poursuite du comportement.
  • les conséquences négatives (physiques, psychologiques, relationnelles, financières, etc...) deviennent majeures et il arrive que la conduite addictive peut continuer pour mieux supporter ces conséquences.
  • il est de plus en plus évident que la personne en proie à des comportements problématiques prend conscience de ses conséquences négatives. Pour autant, elle peut négocier une situation de statut-quo voire être dans le déni. Ce type de réactions ne sont pas rationnelles, ce sont plutôt des moyens de régler le problème sur le très court terme, ce qui a des effets délétères sur le plus long terme.
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5) Conséquences d'un comportement excessif

Les hommes comme les femmes, peu importe leur âge, situation maritale, classe socio-professionnelle peuvent basculer dans un comportement sexuel problématique pour eux et leur partenaire.

Certaines répercussions physiques du trouble comportemental énoncées plus bas ne concerneront que les hommes, cependant la sexualité est autant impactée chez les hommes que les femmes.

Le forum pornodependance.com héberge une catégorie spécialement pour les femmes.

Un article de la BBC recueille plusieurs témoignages de femmes consommatrices de pornographie.

Voici un panel non exhaustif de comportements et symptômes de l'addiction à la pornographie (chaque personne doit être prise au cas par cas) :

  • Différence notable entre ce qu'on désire et ce qui nous amène du plaisir au niveau sexuel.
  • Développement d'une sexualité plus restreinte, moins relationnelle.
  • Pulsions/images sexuelles ou reliées à du contenu pornographique malgré le désir ferme de ne plus se masturber devant de la pornographie.
  • Libido affaiblie.
  • Dysfonctionnement de l'érection, moins d'érection matinale, éjaculation précoce ou retardée.
  • Sensibilité réduite au niveau du sexe.
  • Temps important consacré à la pornographie.
  • Sources de plaisir sexuel restreintes à la masturbation avec pornographie.
  • Moins d'énergie en général.
  • Tolérance au porno "classique" puis escalade/diversification dans les préférences sexuelles pour obtenir le même plaisir qu'avant.
  • Baisse attrait pour le conternu porno regardé initialement qui peut amener à une baisse de son attirance sexuelle pour des personnes réelles voire à un questionnement sur son orientation sexuelle.
  • Baisse attrait pour le sexe avec un partenaire dû à la consommation de pornographie : une soixantaine d'études vont dans ce sens.
  • En cas de désensibilisation à des scènes porno "classiques", basculement vers des stimuli plus forts qui eux permettent à l'addict d'avoir une excitation et un plaisir suffisant. Dans le cas où la personne aurait une vie sexuelle avec un partenaire, tendance à vouloir reproduire au sein de relations sexuelles réelles des pratiques qui donnent du plaisir à l'addict en situation de consommation de porno qu'il considère pourtant comme malsaines, coercitives, douloureuses pour le partenaire.
  • Faible estime de soi, honte, culpabilité dûes à l'incapacité à contrôler ces comportements, à prendre plaisir sur du contenu qu'il n'approuve pas.
  • Anxiété sociale, dépression, insensibilité émotionnelle, apathie.
  • Sommeil perturbé, moins de rêves la nuit ou plus du tout.
  • Possibilité importante (comme toute personne sujette à une addiction) d'avoir d'autres addictions avec substance ou comportementales.