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Thérapie ACT pour sortir de l'addiction au porno Partie 5

Publié le 04/01/2020 14:01:08 (Maj le 19/01/2020 18:05:31)
Cet article est la suite de la présentation de la séance 4 de la thérapie ACT pour l'addiction à la pornographie.

Dans l'article précédent, nous avons détaillé la 4ème séance du traitement : faciliter la défusion cognitive : que sont les envies finalement ?
Nous allons maintenant découvrir les séances 5 à 8 de la thérapie.

Séance 5 à 8 : Découvrir le soi comme contexte et se connecter avec le moment présent

Objectifs : continuer à rendre compte des exercices faits à la maison, favoriser l’acception et la défusion, introduire l’idée du soi comme contexte, aider le client à se connecter au moment présent et poser un nouvel engagement vers un changement de comportement et la pratique de compétences.

Dans cette partie du traitement, il est important de cibler les processus basés sur les besoins et réponses du client.
Le contenu de ces trois sessions est présenté ici comme une référence sur comment cibler chaque processus, mais il est attendu que ce sera fait de façon flexible à mesure que les opportunités se présentent.

Au moment de repasser sur les exercices à la maison au début de chaque session, le contenu de l’expérience du client devrait fournir une idée de ce qu’il y a à cibler.

Le thérapeute continue à cibler la défusion cognitive en utilisant des exercices et métaphores.

La métaphore « The Passengers On The Bus » (Les passagers dans le bus) est une intervention au cœur de l’ACT dont le but est de diminuer l’aspect littéral (ou mettre une distance) du contenu psychologique à travers l’objectivation.


C’est comme si vous étiez dans un bus et c’est vous le chauffeur : dans ce bus, il y a un groupe de passagers.
Ces passagers sont les pensées, sentiments, états physiques, mémoires et autres aspects d’une expérience.
Certains sont effrayants, et ils sont habillés avec des vestes en cuir noir et ils ont des couteaux.

La situation est que vous conduisez et les passagers commencent à vous menacer, vous donnant l’ordre de quoi faire et où aller : « vous devez tourner à gauche, puis à droite, etc… »

La menace qui pèse sur vous c’est que si vous ne faites pas ce qu’ils disent, ils vont se rapprocher de vous.
C’est comme si vous aviez fait un marché avec ces passagers et le marché est « Vous restez au fond du bus et à terre comme cela je ne vous vois pas souvent, et je ferai tout ce que vous dites. »

Maintenant, et si un jour vous devenez fatigué de cette situation et dites : « «Je n’aime pas ça du tout ! Je vais dégager ces personnes du bus »
Vous arrêtez le bus et vous allez au fond du bus gérer les passagers menaçants.
Sauf que vous voyez que la première chose que vous avez faite a été de vous arrêter.
Remarquez que maintenant, vous ne conduisez plus, vous n’allez nulle part, vous gérer juste les passagers.
Et en plus, ils sont très résistants, ils ne veulent pas quitter le bus et vous commencez une bagarre avec eux, mais cela ne se termine pas avec succès.

Eventuellement, vous apaisez les passagers et tentez de les faire asseoir bien au fond à un endroit où vous ne pouvez pas les voir.
Le problème avec cette situation est qu’en échange, vous faites ce qu’ils vous ordonnent pour ne plus être en contact avec eux.
Assez rapidement, ils n’ont même plus à vous dire « Tourne à gauche », vous savez qu’au moment-même où vous serez proche d’un virage à gauche, les passagers vont vous tomber dessus.
Eventuellement, vous pourriez faire au mieux pour prétendre que les passagers ne sont pas du tout dans le bus : vous vous dites juste que la seule direction que vous voulez prendre est à gauche.
Cependant, quand ils se rapprochent de l’avant du bus, c’est avec tout le pouvoir acquis par les marchés que vous avez passés avec eux dans le passé.

Maintenant, le truc à propos de tout ça : le pouvoir que les passagers ont sur vous, est basé à 100% sur cette idée : « Si vous ne faites pas ce qu’ont dit, nous allons venir à l’avant du bus, et nous allons te forcer à nous regarder. »
C’est vrai que quand ils se rapprochent, on a l’impression qu’ils pourraient faire bien plus de choses inquiétantes : ils ont des couteaux, des chaines, etc…On dirait que vous pourriez être détruit.

Le marché que vous avez passé est que vous faites ce qu’ils disent pour qu’ils ne viennent pas à l’avant et vous obligent à vous regarder.
Vous, le conducteur, avait le contrôle du bus, mais vous avez cédé ce contrôle grâce ces marchés avec les passagers.
En d’autres mots, en tenant d’avoir le contrôle, vous avez finalement abandonné le contrôle !
Maintenant, remarquez que, même si les passagers clament qu’ils peuvent vous détruire si vous ne tournez pas à gauche, cela n’est jamais arrivé en fait.
Ces passagers ne peuvent pas vous faire faire quelque chose contre votre volonté.

Vous pouvez continuer à faire allusion à la métaphore du bus à travers le travail de défusion.
Des questions comme : « Quel passager est en train de vous menacer ? » peuvent aider à réorienter le client qui pratique l’évitement d’émotion dans les sessions.
La métaphore du bus met en scène la relation entre une personne et des pensées/sentiments de la même façon qu’on peut mettre en scène une relation sociale entre une personne et des harceleurs.

Ce recadrage est utile pour augmenter la motivation pour se sentir plus libre vis-à-vis du langage littéral.
Quelques-uns de nos efforts passés pour acquérir une indépendance sociale peuvent être utilisés pour stimuler une indépendance similaire à propos de l’hégémonie de nos propres systèmes verbaux : nos propres esprits.

Cependant notre indépendance sociale est limitée, de la même façon l’indépendance envers nos esprits l’est beaucoup moins.
Cela fait sens puisque la source des relations verbales est, après tout, essentiellement sociale et extérieure.

La métaphore du bus structure joliment comment l’illusion du langage fonctionne et quel est le coût en termes de perte de direction de vie.

Continuez à cibler la défusion avec l’exercice « Having a Thought vs. Buying a Thought » (Avoir une pensée vs croire à une pensée).
Cet exercice aide à faire la différence entre les pensées observées comme des pensées et les pensées crues comme des croyances et concepts.


Thérapeute : “J’aimerai vous faire faire un exercice pour vous montrer comment les pensées nous éloignent rapidement d’une expérience quand on les croit.
Tout ce que je vais vous vous demander est de vous laisser librement penser, peu importer les pensées qui arrivent, de les laisser arriver, les unes après les autres.

L’objectif de cet exercice est d’observer quand il y a un glissement de « regarder ses pensées » à « regarder à partir des pensées ».
Vous saurez que cela est arrivé quand la parade s’arrête ou vous êtes à l’arrêt dans la parade ou l’exercice a disparu.

Je vais vous demander d’imaginer qu’il y a des petites personnes, soldats qui marchent devant vous dans une parade.
Vous êtes sur un stand d’observation en hauteur, regardant défiler la parade.

Chaque soldat porte un panneau et chaque pensée que vous avez est une phrase écrite sur un de ces panneaux.

Certaines personnes ont du mal à mettre des pensées dans des mots et ils voient les pensées comme des images.
Si cela vous concerne, mettez chaque image sur une pancarte portée par les soldats.
Si la métaphore des soldats ne vous convient pas, vous pouvez le faire avec des feuilles qui flottent sur un ruisseau (Exercice Leaves on a stream.), prenez celle qui vous convient le mieux.”

Client : “Avec les soldats, ça me convient.”

Thérapeute : “OK. Dans une minute, je vais vous demander de vous concentrer et de commencer à laisser les pensées écrites sur les pancartes des soldats aller et venir.
Maintenant, voici l’exercice.
Ce que vous avez à faire c’est simplement regarder la parade aller et venir sans la stopper et sans descendre dans la parade. Vous êtes juste supposé la laisser faire.
C’est peu probable cependant que vous arriviez à le faire sans interruption.
Et c’est la clé de cet exercice.

A un moment, vous aurez la sensation que la parade s’est arrêtée, ou que vous avez perdu le but de l’exercice, ou que vous faites partie de la parade au lieu de rester dans le stand d’observation.
Quand cela arrive, je voudrais que vous preniez du recul quelques secondes et voir si vous pouvez trouver ce que vous faisiez avant que la parade s’arrête.
Puis, reprenez l’exercice et mettez de nouveau vos pensées sur les pancartes, jusqu’à ce que la parade s’arrête, et ainsi de suite.

L’idée principale est de remarque quand la parade s’arrête pour quelque raison que ce soit et voir ce qu’il s’est passé juste avant qu’elle stoppe. OK ?”

Client : “OK.”

Thérapeute : “Une dernière chose.
Si la parade ne va nulle part et vous commencez à vous dire « Cela ne marche pas » ou « Je ne le fais pas comme il faut », alors mettez cette pensée sur une pancarte et envoyez-la dans la parade.
OK. Maintenant mettons-nous dans une position confortable, fermez vos yeux et concentrez-vous.
[Aider le client à se relaxer 1 ou 2 minutes]
Maintenant autorisez la parade à commencer.
Vous restez sur le stand d’observation et laissez la parade aller et venir.
Si elle s’arrête ou que vous vous trouvez à l’intérieur, prenez-en conscience et voyez si vous pouvez trouver ce que vous faisiez correctement avant que cela arrive, puis revenez dans le stand d’observation, et laissez la parade recommencer.
OK, commençons…
Peu importe ce que vous pensez, mettez-le sur une pancarte…

[Pendant 2 ou 3 minutes laisser travailler le client.
Laisser bien durer l’exercice et utilisez guère de mots.
Essayer de lire les réactions du client et les autres indices et ajouter de rares commentaires comme il en est nécessaire, comme « Laissez la parade continuer, et prenez conscience quand elle s’arrête.»
Ne parlez pas au client, cependant.
Si le client ouvre les yeux, lui demander calmement de les refermer et de continuer l’exercice.
Si le client commence à parler, lui suggérer gentiment que cette pensée peut être mise sur une pancarte en disant quelque chose comme « Nous en parlerons plus amplement quand l’exercice sera terminé, mais pour le moment il n’y a pas besoin de discuter avec moi.
Peu importe ce que vous pensez dire, mettez cette idée sur une pancarte et laissez-la aller et venir. »]

Ok, maintenant nous allons laisser aller et venir les quelques soldats et nous allons commencer à penser à revenir au réel dans cette pièce.
[Aider le client à se réorienter pendant 1 ou 2 minutes.]
Bienvenue de nous parmi nous.”

Client : “Intéressant.”

Thérapeute : “Qu’avez-vous observé ?”

Client : “Et bien, au début c’était facile.
Je les regardais aller et venir. Puis j’ai soudainement remarqué que j’étais perdu pendant 15 secondes.”

Thérapeute : “Comme si vous étiez en dehors du stand d’observation.”

Client : “Exact. L’exercice s’est arrêté.”

Thérapeute : “Avez-vous constaté ce qu’il s’est passé juste avant que tout s’arrête ?”

Client : “Bien, j’étais en train de penser à propos de mes sensations corporelles, et ces pensées étaient écrites sur des pancartes.
Puis j’ai commencé à penser à une situation à mon travail et le rendez-vous que j’ai avec mon chef.
Je pensais à comment je pourrais être anxieux en lui parlant de choses négatives actuelles, et vous savez cela fait pourtant un moment maintenant que l’exercice est fini mais j’y pense toujours.”

Thérapeute : “Donc, quand la pensée est apparue « Je vais rencontrer mon chef vendredi », elle était écrite sur une pancarte.”

Client : “Au début oui, pendant une ½ seconde et elle n’y était plus ensuite.”

Thérapeute : “Où était-elle ?”

Client : “Nulle part en particulier, j’y pensais juste.”

Thérapeute : “Ou peut-être c’était le contraire, c’est la pensée qui était acteur. Pouvons-nous dire ça ?
A un moment, vous aviez cette pensée et vous vous y êtes accrochée.
Vous l’avez bue, et commencer à voir le monde à partir de cette pensée.
Vous l’avez laissée structurer le monde.

Donc, vous avez commencé à réfléchir à ce qu’il pourrait arriver, ce que vous feriez, etc…et à ce moment la parade s’est arrêtée.

Maintenant, il n’y a pas de perspective à propos de cette situation au travail, vous ne pouvez même pas voir la pensée clairement.
Au contraire, vous êtes en train de gérer cette rencontre avec votre chef.”

Client : “C’était comme ça oui.”

Thérapeute : “Avez-vous remis cette pensée sur la pancarte ?”

Client : “Et bien, à un moment je me suis rappelé que j’étais supposé laisser aller la pensée, alors j’ai écrit la pensée et laisser le soldat la porter. Puis les choses se sont bien déroulées pendant un moment jusqu’à ce que je me commence à penser que cet exercice est quelque part stupide.”

Thérapeute : “Et vous avez remarqué cette pensée ou vous avez plongé dedans (y croire) ?”

Client : “Je pense que j’y ai cru.”

Thérapeute : “Qu’est-il arrivé à la parade ?”

Client : “Elle s’est arrêtée.”

Thérapeute : “Très bien. Vérifiez que cela s’est à chaque fois passé comme ça.
Chaque fois que le parade s’est arrêtée c’est parce que vous avez cru à cette pensée, vous avez été absorbée par elle.”

Client : “C’est bien le cas oui.”

Thérapeute : “Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui peut laisser aller la parade 100% du temps : ce n’est pas réaliste.
Le truc c’est juste d’avoir la sensation de ce que cela fait d’être absorbé par ses pensées et ce que cela fait de prendre du recul.”

C’est utile d’encourager les clients à s’engager dans des exercices d’ouverture qui peuvent les aider à pratiquer l’observation des contenus de la conscience.

Quelques exercices qui soulignent le fait de remarquer le contenu conscient, plutôt que de lutter avec le contenu, impliquent d’écrire les contenus sur des cartes et que le client fasse plusieurs choses avec ces cartes.
Exercice Thought cards (cartes de pensées) : http://actonpurpose.com.au/www/images/Thought%20Cards.pdf

Un article du blog sera consacré à l'utilisation des cartes de pensées, abonnez-vous à la newsletter pour être informé de la publication de l'article.

Un exercice supplémentaire de défusion pour démontrer le rôle du langage dans l’appréciation est la métaphore « Bad Cup » (mauvaise tasse).

Il y a des choses dans notre langage qui nous tirent dans des luttes psychologiques non nécessaires et c’est bien t’avoir la sensation de comment cela arrive pour apprendre à les éviter.
Une des pires tours que le langage nous joue est dans le domaine des évaluations.
Pour que le langage fonctionne tout le temps, les choses doivent être ce que nous disons qu’elles sont, quand nous nous engageons dans le type de discussions qui nomment et décrivent.
Sinon, nous ne pourrions pas parler aux autres.

Si nous décrivons quelque chose précisément, les noms ne peuvent pas changer jusqu’à que la forme de cet événement change.
Si je dis « Voici une tasse », je ne peux pas soudain dire que ce n’est plus une tasse mais une voiture de course, à moins que quelqu’un change la tasse.
Par exemple, je pourrai casser la tasse en petits morceaux et l’utiliser pour une partie d’une voiture de course.
Mais sans changement de forme, c’est une tasse (ou quoique ce soit que nous avons choisi comme le nommer), le mot pour décrire cet objet ne devrait pas changer.

Maintenant, considérez ce qu’il se passe avec les phrases évaluatives.
Supposons que je dise « C’est une bonne tasse » ou « C’est une belle tasse ».
Cela sonne comme la même chose que si je disais « «C’est une tasse en céramique » ou « C’est une tasse de 200 grammes ».
Mais est-ce que c’est vraiment la même chose ?

Supposons que toutes les créatures sur terre meurent demain.
Cette tasse est toujours posée sur la table.
Si c’était une tasse « une tasse en céramique » avant que tout le monde meure, c’est toujours une tasse en céramique.
Mais est-ce toujours une bonne tasse ou une belle tasse ?

En ayant plus personne pour avoir ces opinions (bonne tasse / belle tasse), les opinions ont disparues, parce que la qualification de la tasse en « bonne » ou « belle » n’a jamais été propre à la tasse, elle était dans l’interaction entre la personne et la tasse.

Mais notez comme la structure du langage masque la différence.
Cela se ressemble, comme si « bonne » et « belle » était le même type de description que le mot « céramique ».
Les 2 mots semblent ajouter de l’information à la tasse.
Le problème est que si vous laissez le mot « bonne » être un type de mot descripteur, cela veut dire que « bonne » doit devenir ce que la tasse est, de la même façon que le mot céramique.

Ce type de description ne peut pas changer jusqu’à ce que la tasse change.
Et qu’arrive-t-il si quelqu’un dit « Non, c’est une très mauvaise tasse ! »
Si je dis que c’est une bonne tasse et vous dites que c’est une mauvaise tasse, il y a un désaccord qui semble devoir être résolu.

Une des 2 parties doit avoir tort et l’autre raison : les deux ne peuvent pas avoir raison.
Et d’un autre côté, si « bonne » est juste une évaluation ou un jugement, quelque chose que vous faites avec la tasse plutôt que quelque chose qui est de fait dans la tasse, cela fait une grosse différence.
Deux évaluations opposées peuvent facilement coexister.

Elles ne reflètent pas des états impossibles comme par exemple la tasse est en même temps en céramique et métallique.
Mais plutôt elles reflètent le simple fait que des événements peuvent être évalués comme bons ou mauvais suivant la perspective que l’on prend.
Et bien sûr, il n’est pas inimaginable qu’une personne puisse prendre plus d’une perspective.
Ni l'une ni l'autre évaluation n'a besoin de l'emporter en tant que seule évaluation concrète des faits.

Continuez à faciliter l’acceptation en identifiant les moments dans la session où il apparait que le client évite des émotions négatives.
Cela peut être immédiatement identifié et comparé à comment ils ont répondu aux envies de regarder du porno.

Vous pouvez aussi encourager la pratique de l’acceptation au moment où vous demandez au client de décrire leur pratique pendant la semaine.
Faire un compte rendu des expériences de consommation de porno et le contexte dans lequel elles sont arrivées peut être gênant et embarrassant.

Vous pouvez identifier cet embarras et demander au client de faire une place pour ces événements privés et continuer à discuter du contenu de leur entrainement.
Vous pouvez modéliser l'acceptation à mesure que vous reconnaissez la maladresse de la volonté d'entreprendre le traitement.

Introduisez l’idée du soi comme contexte avec la métaphore « The Chessboard » (le plateau de jeu d'échec) pour montrer la distinction entre le contenu et le soi observateur.

Nous allons considérer un jeu d’échec.
Il y a des pièces blanches et noires.
Elles travaillent toutes en équipe comme au vrai jeu d’échec – les blancs se battent contre les noirs.
Vous pouvez considérer vos pensées, sentiments, croyances comme ces pièces d’échec : elles travaillent en équipe.

Par exemple les sentiments négatifs (anxiété, dépression, ressentiment) se retrouvent avec les pensées négatives et les souvenirs négatifs [pièces noires].
Il en va de même pour les pensées, sentiments et souvenirs positifs qui travaillent ensemble [pièces blanches].

Donc il semble que la façon dont on joue au jeu est de choisir quel camp nous volons voir gagner.
Nous mettons les bonnes pièces (ex : les pensées de confiance en soi, les sentiments d’être en contrôle, etc…) d’un côté et les mauvaises pièces de l’autre.
Puis nous prenons la reine blanche et nous combattons pour gagner la guerre contre l’anxiété, dépression, les pensées à propos de consommer de la drogue, peu importe ce que cela peut être, etc…
C’est un jeu de guerre.

Mais il y a un problème logique ici, de très grosses parties de vous sont votre propre ennemi.
En d’autres mots, si vous avez besoin de participer à cette guerre, il y a quelque chose qui ne va pas avec vous.
Et puisqu’il apparait que vous êtes au même plan que ces pièces de jeu, elles peuvent être aussi grosses ou même plus grosses que vous – même si ces pièces sont en vous.

Alors d’une quelconque façon, même si ce n’est pas logique, plus vous vous battez plus, plus ces pièces deviennent grosses.

Si c’est vrai que « «Si vous ne voulez pas avoir quelque chose, vous finissez par l’avoir » alors, à mesure que vous combattez les pièces, elles prennent plus d’importance dans votre vie, plus habituelles et dominatrices, et plus liées à chaque domaine de vie.
L’idée logique est que vous ferez tomber suffisamment de pièces du plateau et que vous les dominerez éventuellement – à ceci près que votre expérience vous dit qu’il se passe l’opposé.

Apparemment, les pièces noires ne peuvent pas être sorties de force du plateau.
Alors le combat se passe en vous.
Vous vous sentez sans espoir, vous avez la sensation que vous ne pouvez pas gagner, mais pour autant vous ne pouvez pas vous arrêter de combattre.
Si vous êtes sur un cheval blanc, se battre est la seule option que vous avez car les pièces noires semblent être menaçantes pour votre vie.
Malgré tout, vivre dans une zone de guerre n’est pas une façon de vivre.

Au moment où le client comprend cette métaphore, on peut passer au problème du soi.

Thérapeute : “Maintenant, laissez-moi pour demander de penser à ceci très attentivement.
Dans cette métaphore, supposons que vous n’êtes pas les pièces du jeu d’échec, qui pourriez-vous être ?”

Client : “Suis-je le joueur ?”

Thérapeute : “Cela pourrait être ce que vous avez essayé d’être.
Remarquez cependant qu’un joueur a un important investissement dans la tournure de cette guerre.
De plus, contre qui vous battez-vous ? Un autre joueur ? Donc supposons que vous n’êtes pas non plus un joueur.”

Client : “…. Suis-je le plateau de jeu ?”

Thérapeute : “Il est utile de voir la situation de cette façon.
Sans un plateau de jeu, ces pièces n’ont aucun endroit où exister.
Le plateau les possède.
Que se passerait-il à vos pensées si vous n’étiez pas là pour en être conscient qu’elles existent en vous ?
Les pièces ont besoin de vous.
Elles ne peuvent pas exister sans vous mais vous les contenez, elles ne vous contiennent pas.
Remarquez que si vous êtes les pièces, le jeu est très important : vous devez gagner, votre vie en dépend.
Mais si vous êtes le plateau de jeu, cela n’a pas d’importance si la guerre s’arrête ou non.
Le jeu pourrait continuer mais cela ne fait aucune différence pour le plateau.
En tant que plateau de jeu, vous pouvez voir toutes les pièces, vous pouvez les saisir, vous êtes en contact intime avec elles et vous pouvez regarder la guerre se jouer dans votre conscience mais cela n’a pas d’important, cela ne demande pas d’effort.

Une fois que le client a été introduit à cette métaphore, il est utile d’y revenir périodiquement en lui demandant simplement : “Etes-vous au niveau de la pièce ou du plateau de jeu en ce moment ?”

Tous les arguments, raisons que le client peut apporter sont tous des exemples de pièces et ainsi cette métaphore peut aider à mettre une distance (défusion) à ces réactions.

La notion d’être au niveau du plateau peut être utilisée fréquemment pour suggérer une position dans laquelle le client regarder le contenu psychologique, plutôt que de regarder à partir du contenu psychologique.

L’idée est que les pensées, sentiments, sensations, émotions, souvenirs, etc… sont des pièces : elles ne sont pas vous.
Cette façon de voir est disponible tout de suite en expérimentant mais la fusion avec le contenu psychologique peut supplanter / écraser cette prise de conscience.

Les métaphores comme celle du plateau d’échecs peuvent aider à mettre en lumière ce problème.

Continuez d’aider le client à comprendre le concept du soi comme contexte en utilisant l’exercice « Observer » (l'observateur).

Nous allons faire un exercice maintenant pour tenter d’expérimenter cette position où vous n’êtes pas votre programmation de pensées.

Il n’y aucune chance que quiconque échoue à cet exercice.
Nous allons juste regarder votre pensées ou sentiments, peu importe ce que cela peut être, donc ce qu’il vient est juste.
Fermez vos yeux, installez-vous dans votre chaise et suivez ma voix.
Si vous vous retrouvez à errer, revenez à l’exercice grâce au son de ma voix.
Pendant un moment, gardez votre attention à vous-même dans cette pièce.
Visualisez la pièce, visualisez vous-même dans cette pièce, à l’endroit exact où vous êtes.

Maintenant, commencez à rentrer dans votre peau, et entrez en contact avec votre corps.
Remarquez comment vous êtes assis dans la chaise.
Regardez si vous pouvez remarquer exactement la forme qui se crée par votre peau qui touche la chaise.
Remarquez toutes les sensations corporelles qui existent dans votre contact avec la chaise.
En même temps que vous les voyez une par une, reconnaissez cette sensation et passez à la suivante.
[Pause]
Maintenant, remarquez les émotions que vous avez et s’il y en a reconnaissez-les.
[Pause]
Maintenant, prenez contact avec vos pensées et regardez-les silencieusement quelques moments.
[Pause]

Maintenant, je veux que vous remarquiez que c’est une partie de vous qui avait remarqué ces choses (sensations, pensées, émotions).
Vous avez remarqué ces sensations, ces émotions, ces pensées : cette partie de vous, nous allons l’appeler « l’observateur de soi ».
Il y a une personne ici, derrière ces yeux, qui est ce que je suis en train de dire en ce moment.
Et cette personne est la même que vous avez été toute votre vie.

Dans un sens profond, cet observateur de soi est « je » que vous appelez « je ».
Je veux que vous vous rappeliez quelque chose qui est arrivé l’été dernier.
Levez le doigt quand vous avez une image en tête. Bien.
Maintenant regardez autour de vous.

Rappelez-vous de toutes les choses qui se sont passées, les scènes, sons, sentiments, …et pendant que vous le faites, voyez si vous pouvez remarquer que vous étiez là-bas, en train d’observer ce que vous observiez.
Voyez si vous pouvez attraper la personne derrière vos yeux qui regarde, entend et ressent.
Vous étiez là-bas puis vous êtes ici maintenant.

Je ne vous demande pas d’y croire, je ne fais pas valoir un argument logique.
Je vous demande juste de prendre note de l’expérience d’être conscient et vérifier que, dans un sens profond, la personne que vous êtes ici est la même que l’été dernier.
La personne qui est consciente de ce que vous avez conscience est ici et maintenant et était là-bas l’été dernier.

Voyez si vous pouvez observer la continuité essentielle – dans un sens profond à ce niveau d’expérience, pas de croyance, vous avez était vous toute votre vie.

Je veux que vous vous rappeliez quelque chose quand vous étiez adolescent.
Levez votre doigt quand vous avez une image en tête. Bien.
Maintenant, regardez autour de vous.
Rappelez-vous toutes les choses qui se tramaient à ce moment : les scènes, les sons, les sentiments. Prenez votre temps.

Et quand vous êtes au clair de ce qu’il y avait là-bas, essayer de capter même pour une seconde qu’il y avait une personne derrière vos yeux qui regardait, entendait, ressentait tous ces expériences.
Vous étiez aussi là-bas et regarder si cela n’est pas vrai – comme un fait d’expérience pas comme une croyance – qu’il y a une continuité essentielle entre la personne qui est conscient de ce que vous êtes conscient maintenant et la personne qui était consciente de ce qu’elle était conscient à l’adolescence dans cette situation précise.

Vous avez été vous toute votre vie.

Enfin, rappelez-vous quelque chose qui vous est arrivé quand vous étiez jeune enfant, disons entre 6 et 7 ans.
Levez votre doigt quand vous avez une image en tête. Bien.
Maintenant, regardez à nouveau autour de vous.

Regardez ce qu’il s’était passé à cette époque, voyez les scènes, entendez les sons, ressentez les sentiments… et puis capter que vous étiez là-bas voyant, entendant et ressentant.
Vérifiez que dans une sorte de sens profond, le « vous » qui est ici et maintenant était là-bas à ce moment.
La personne consciente de ce qu’elle est consciente est ici et maintenant et était là-bas à ce moment.

Vous avez était vous toute votre vie.
A tous les endroits, vous étiez là-bas observant.
C’est ce que je veux dire par le « soi observateur ».
Et à partir de cette perspective ou point de vue, je veux que vous regardiez certaines parties de la vie.

Commençons par votre corps.

Observez comment votre corps change constamment. Des fois il est malade, des fois en forme.
Il peut être reposé ou fatigué. Il peut être fort ou faible.
Vous étiez à un moment un petit bébé mais votre corps a grandi.
Vous avez peut-être même eu des parties de votre corps qui ont été enlevées, avec une opération par exemple.
Vos cellules sont mortes et littéralement toutes les cellules de votre corps n’étaient pas là à l’adolescence, ou même l’été dernier.
Vos sensations corporelles vont et viennent, même pendant que nous parlons elles ont changé.

Donc, si tout cela change et que le « vous » que vous appelez « vous » a été là toute votre vie, cela doit vouloir dire bien que vous avez un corps, vous n’expérimentez pas le « vous » comme étant juste votre corps.

Alors, observez votre corps maintenant pendant un court instant, et en même temps que vous le faites, observez de temps à autre que vous êtes celui qui observe.
[Laissez le temps au client de faire l’exercice]

Maintenant, allons dans un autre domaine : vos rôles dans la vie.

Regardez combien de rôle vous avez ou avez eu.
Des fois, je suis dans le rôle de (faire correspondre avec le client, par exemple « maman, ami, fille, épouse… »), des fois je suis « un employé respecté », d’autres fois « je suis un leader ou un suiveur », etc…

Dans le monde formel, je suis dans un rôle tout le temps.
Si je tentais de ne pas l’être, alors je jouerai le rôle de ne pas jouer un rôle.
Même maintenant, une partie de moi joue un rôle…le rôle du client.

Pourtant pendant ce temps, observez que vous êtes aussi présent.
La partie de moi que vous appelez « vous » regarde et est conscient de ce que vous êtes conscient.
Et dans un sens profond, ce « vous » ne change pas.
Donc si vos rôles changent constamment, et pourtant le « vous » que vous appelez « vous » a été présent toute votre vie, cela doit dire que pendant que vous avez des rôles, vous n’expérimentez pas vous-même comme étant vos rôles.

Ne croyez pas cela, ce n’est pas une question de croyance.
Regardez juste et observez la distinction entre ce que vous regardez et le « vous » qui regarde.

Maintenant passons à un autre domaine : les émotions.

Observez comment vos émotions changent constamment.
Des fois, vous ressentez de l’amour et des fois de la haine, vous êtes calme puis tendu, joyeux puis triste.
Même maintenant, vous pourriez expérimenter des émotions … de l’intérêt, de l’ennui, être relaxé.

Pensez aux choses que vous avez aimées et que vous n’aimez plus, aux peurs que vous avez eues un jour et que vous avez résolues.
La seule chose sur laquelle vous pouvez compter avec les émotions c’est qu’elles changent.
Quand une vague d’émotions arrive, elle finit par passer avec le temps.

Pour autant, pendant que ces émotions vont et viennent, observez que dans un sens profond le « vous » ne change pas.
Cela doit être que pendant que vous avez des émotions, vous ne vous expérimentez pas vous-même comme étant juste des émotions.
Autorisez-vous à réaliser ce concept comme un événement d’expérience, pas une croyance.

Dans un sens profond très important, vous expérimentez vous-même comme une constante.
Vous êtes vous à travers tout cela.
Donc, observez juste vos émotions pendant un moment et en même temps que vous le faites, observez aussi que vous les observez.
[Laissez un moment court de silence]

Maintenant, passons à un domaine plus difficile : vos propres pensées.

Les pensées sont difficiles car on a tendance à s’y accrocher et elles nous mettent au niveau de la pièce (cf métaphore Chessboard – lien vers la métaphore).
Si cela arrive, revenez au son de ma voix.
Observez comme vos pensées changent constamment.
Vous étiez ignorant par le passé, puis vous êtes allé à l’école et vous appris de nouvelles pensées.
Vous avez acquiert des nouvelles idées, et un nouveau savoir.

Des fois, vous pensez à propos de certaines choses d’une façon et des fois d’une autre façon.
Il arrive que vos pensées n’aient pas beaucoup de sens.
De temps en temps, elles semblent arriver de nulle part automatiquement.
Elles changent constamment.
Regardez vos pensées, même depuis que vous êtes avec moi aujourd’hui et observez combien de pensées différentes vous avez eues.

Et pour autant dans un sens profond, le « vous » qui sait ce que vous pensez n’a pas changé.
Donc, cela doit vouloir dire que pendant que vous avez une pensée, vous ne vous expérimentez pas vous-même comme étant juste une pensée.

Ne croyez pas cela, juste observez-le.
Et observez même, à mesure que vous réalisez cela, que votre flux de pensées va continuer.
Et vous pourriez être pris par vos pensées.
Et pour autant au moment où vous réalisez cela, vous réalisez aussi qu’une partie de vous se tient à l’écart, regardant tout cela.

Donc maintenant regardez vos pensées pendant un moment et pendant que vous le faites, observez aussi que vous les observez.
[Laissez un moment bref de silence]

Donc comme sujet d’expérience et pas une croyance, vous n’êtes pas juste votre corps, vos rôles, vos émotions et vos pensées.
Ces choses sont le contenu de votre vie pendant que vous êtes l’arène, le contexte, l’espace dans lequel elles se déploient.
Au moment de réaliser cela, observez que les choses avec lesquelles vous luttez et tentez de changer ne sont pas vous dans tous les cas.

Peu importe comment cette guerre se déroule, vous serez là, inchangé.
Voyez si vous pouvez tirer avantage de cette connexion pour un peu lâcher prise, vous sentir sûr du savoir que vous avez été vous à travers tous vos événements privés (émotions, pensées, sensations corporelles…) et que vous avez besoin de ne pas avoir un si gros investissement dans tous les contenus psychologiques en tant qu’évaluation de votre vie.

Observez juste les expériences dans tous les domaines qui arrivent et à mesure que vous le faites, remarquez que vous êtes toujours là, étant conscient de ce que vous êtes conscient.
[Laissez un bref moment de silence]

Maintenant imaginez-vous dans la pièce.
Puis imaginez la pièce, décrivez-la
Et quand vous êtes prêt à revenir avec moi dans la pièce, ouvrez vos yeux.


Métaphore pour comprendre le soi comme contexte : The sky and the weather (le ciel et la météo).

Source : https://www.counseling.org/news/aca-blogs/aca-member-blogs/aca-member-blogs/2017/07/24/the-sky-and-the-weather-metaphor

Cette métaphore facilite la dissociation entre le soi et les pensées ou expériences qui arrivent au soi.
Elle améliore aussi l’auto-observation ou la compétence de comprendre le soi comme contexte.
En même temps, cette métaphore crée une plateforme depuis laquelle chaque personne peut explorer ses pensées douloureuses, prendre contact avec les émotions difficiles d’une façon rassurante.

Le soi observateur est comme le ciel.
Les pensées et les sentiments sont comme la météo.
Dans cette métaphore, la météo change naturellement et constamment, malgré que la météo ne puisse pas porter atteinte ou changer le ciel.
Les orages, les ouragans vont et viennent sous le ciel.
Les pluies, blizzards, les tsunamis même les plus sévères vont et viennent sans affecter le ciel.

En fait, peu importe la violence de la météo, l’orage finit toujours par passer, il n’y aucun phénomène météorologique qui dure indéfiniment et plus important, le ciel a toujours une place pour ces phénomènes.

Souvent, nous oublions que le ciel est là.
Parfois, nous ne pouvons pas voir le ciel à travers les rideaux noirs des nuages gris.
Ceux qui voyagent en avion ont vu de nombreuses fois comment l’avion monte en altitude à travers les nuages orageux les plus sombres, pour atteindre le ciel bleu et silencieux.

Le ciel est comme le soi observateur qui est toujours là, faisant de la place aux pensées et sentiments difficiles.
De la même façon, si nous sommes humains, nous sommes faits pour souffrir mais comme le ciel, nous pouvons faire une place pour la souffrance parmi les autres expériences de notre vie.

Cette métaphore nous invite à voir comment la douleur physique, émotionnelle et psychologique ou d’une autre nature est universelle mais change tout le temps, est transitoire mais constante à sa manière.


Encouragez le moment présent en identifiant les processus de l’ACT au moment où ils apparaissent.
Vous pouvez aussi identifier les pensées à propos du futur ou le passé quand elles apparaissent dans le contexte du traitement et aider le client à mettre une distance (défusion) à la fonction littérale de ces pensées.

Les exercices de pleine conscience comme l’exercice de l’observateur peuvent aider au client de prendre contact avec le présent.

Exercice pour rester au contact du moment présent : manger en pleine conscience un raisin (ou autre fruit de petite taille).
Source : https://thehappinesstrap.com/upimages/2007%20Introductory%20ACT%20Workshop%20Handout%20-%20%20Russ%20Harris.pdf

Pendant cet exercice, toutes sortes de pensées et sentiments vont survenir.
Laissez-les aller et venir et garder votre attention sur l'exercice.
Si vous réalisez que votre attention s'est égarée, noter brièvement ce qui vous a distrait puis ramenez votre attention sur le raisin.

Saisissez le raisin.
Premièrement, regardez-le comme si vous étiez un scientifique curieux qui n'a jamais vu une telle chose.
Observez la forme, la couleur, les différents niveaux de couleur, les contours.
Observez son poids dans votre main et ressentez la peau du raisin contre vos doigts : sa texture et sa température.

Portez le raisin à votre nez et sentez-le, notez l'arôme.
Portez le raisin à votre bouche et mettez-le dans la bouche mais marquez une pause avant de mordre dedans.
Portez votre attention à ce qu'il se passe dans votre bouche : notez la salive autour de votre langue et l'envie de mordre dans le raisin.

Maintenant, croquez lentement dans la moitié du raisin, en observant vos dents traversant la peau du raisin, et pénétrant dans la chair, puis le son que cela fait, et la sensation de douceur sur votre langue.
Voyez comment vos dents se rencontrent et la sensation que le raisin tombe sur votre langue et l'envie de le mâcher et de l'avaler.

Mâchez-le lentement, en faisant attention au goût et à la texture.
Observez le mouvement de vos mâchoires, le son qu'elles font, la sensation que la chair se décompose.
Remarquez comment votre langue façonne la nourriture.

Observez votre envie d'avaler et pendant que vous avalez, notez le mouvement dans votre gorge et le son que cela fait.
Et après que vous ayez avalé, faites une pause puis remarquez la manière dont le goût disparait graduellement de votre langue.

Notez l'envie grandissante de manger la moitié restante du raisin.
Maintenant, mangez le reste du raisin de la même manière.

Autre exercice pour rester dans le moment présent : le balayage corporel (body scan).

Autre exercice : Notice your hand (observez votre main).
Source : https://drive.google.com/open?id=1el7K0YjAlsl-wE9U81ey1P3Gd3YKLWps

Pour cet exercice, je vais vous demander d'observer votre main avec curiosité comme si vous étiez un enfant curieux qui n'a jamais rencontré de main auparavant ; il est donc très important que vous ayez une bonne lumière pour cet exercice.

Assurez-vous que votre main est clairement éclairée et inclinez-la pour obtenir le meilleur éclairage possible. Et une fois que vous avez fait cela, choisissez une main ou l'autre, peu importe.

Tournez la paume de votre main vers le haut pour attraper la lumière et commencez par remarquer la forme de votre main.
Commencez à la base de votre pouce et imaginez que vous faites le tour de votre main et remarquez les formes et les contours ; remarquez particulièrement les espaces entre vos doigts et remarquez comment votre main se rétrécit à mesure qu'elle rejoint le poignet.

Et ensuite, remarquez les couleurs dans la paume de votre main.
Remarquez que ce n'est pas seulement une couleur. Il y a différentes nuances.

Il y a des blancs et des roses pour certains d'entre vous ; il peut y avoir des jaunes et des bruns et au ralenti, poussez vos doigts aussi loin que possible vers l'arrière.
C'est comme si quelqu'un pliait vos doigts vers l'arrière et les poussait aussi loin que possible et remarquez comment la couleur change dans votre main. Remarquez comment la couleur se blanchit.

Il y a beaucoup de zones très pâles de temps en temps, alors relâchez lentement cette tension. Laissez vos doigts revenir à leur position naturelle.
Remarquez comment la couleur revient et pour beaucoup d'entre vous, la couleur est probablement encore plus profonde qu'elle ne l'était auparavant.

Faites-le encore une fois au ralenti en poussant vos doigts vers l'arrière, en remarquant comment la couleur s'évapore de votre main, puis en relâchant très lentement la tension et en regardant la couleur revenir et s'approfondir, en remarquant les grandes lignes dans la paume de votre main et les formes.

Ces lignes convergent et divergent et se croisent, puis zoomez sur l'une de ces grandes lignes et remarquez toutes les petites lignes qui y rentrent et en sortent jusqu'à ce que votre main obtienne le meilleur éclairage et remarquez tous les différents motifs de lignes sur la paume de votre main.
Vous verrez qu'il y a des lignes peu profondes et des lignes profondes et des lignes longues et des lignes minuscules : beaucoup de différents motifs complexes.

Choisissez maintenant le bout d'un doigt.

Inclinez-le pour obtenir le meilleur éclairage et remarquez le motif en spirale sur le bout de votre doigt. C'est le motif qui laisse une empreinte digitale sur le verre.
Et remarquez cette spirale et remarquez comment elle continue le long du doigt.

Ce n'est pas seulement sur le bout de votre doigt. Si vous observez soigneusement, vous verrez qu'elle descend le long de votre doigt jusqu'à la paume de votre main.

Maintenant, mettez votre main en position karaté (main perpendiculaire au sol, doigts serrés, comme pour casser une planche en bois).
Positionnez-vous de manière avoir une vue du haut de votre main.
Observez que vous voyez 2 types de peau, la peau à l'intérieur de la main et la peau à l'extérieur, il y a même une ligne qui sépare ces 2 types de peau.

Observez la peau au dos de votre main et la peau de devant, notez comment elles sont différentes.
Puis toujours avec la main en position karaté, de nouveau regardez la ligne qui sépare les deux types de peau.

Maintenant, remarquez la peau sur le dos de votre main et remarquez ce que votre esprit a à dire à propos de cette peau.

Lorsque nous faisons cet exercice, notre esprit commence à juger et à critiquer, et à faire des commentaires sur notre peau.
Alors, remarquez ce que votre esprit a à dire sur la peau du dos de votre main et soyez vraiment curieux des couleurs et des textures de cette peau. Remarquez les différentes textures.

Remarquez les différentes couleurs. Quelle est la couleur au-dessus des articulations ? Quelle est la couleur là où il y a des veines sous la surface ?
Quelles sont les couleurs des grains de beauté ou des cicatrices ?

Maintenant, prenez un doigt et zoomez sur l'ongle et remarquez que l'ongle lui-même n'est pas d'une seule couleur et que vous avez du vernis à ongles.

Remarquez qu'il y a différentes nuances et couleurs dans cet ongle.
Remarquez la cuticule, la fine couche qui scelle l'ongle dans le doigt et, tout doucement, attirez votre attention sur le doigt et remarquez comment la peau change lorsque vous descendez le doigt dans le dos de votre main.

Maintenant, remuez doucement vos doigts autour et remarquez le dos de votre main. Pouvez-vous remarquer les tendons qui se déplacent de haut en bas sous la peau.

Et si vous pouvez voir votre avant-bras en ce moment, pouvez-vous remarquer que les muscles de votre avant-bras déplacent les tendons qui font bouger vos doigts.

Tout est interconnecté maintenant.

Remarquez vos articulations et au ralenti, enroulez doucement votre main dans un poing très lâche et détendu puis faites tourner les articulations et observez-les de tous les côtés.
Remarquez la forme et la taille et en gardant votre attention sur les articulations, serrez aussi fort que possible ce poing et remarquez comment les articulations changent de forme, de taille et de couleur, tout en gardant votre attention sur vos articulations.

Maintenant, ouvrez vos doigts. Étendez vos doigts jusqu'au bout et remarquez où vont les articulations et comment elles disparaissent et faites cela encore une fois au ralenti, en faisant un poing.

Remarquez que les articulations réapparaissent en serrant fort et en redressant à nouveau vos doigts en ouvrant votre poing, remarquez que les articulations disparaissent.

Enfin, jetez un dernier coup d'œil.

Observez la peau du dos de votre main qui remue vos doigts et remarquez les tendons, remarquez le mouvement, faites une rotation de votre main.

Regardez une dernière fois la peau sur le devant de votre main en remuant vos doigts et en remarquant comment elle bouge et prenez un moment pour réfléchir à cet exercice.

Vous êtes-vous senti plus connecté ou engagé avec votre main ?
Avez-vous ressenti un sentiment d'appréciation ou de gratitude pour votre main ?
Saviez-vous ou vous souveniez-vous des façons dont elle vous est aidante et utile pour vous ?
Et considérez aussi que peut-être votre esprit vous a accroché à un moment donné et vous a retiré de l'exercice.

Beaucoup de gens, lorsqu'ils regardent la peau du dos de la main, sont accrochés par un jugement négatif ou une critique et si cela s'est produit, quel effet cela a-t-il eu sur votre connexion avec votre main ?
Et y a-t-il eu d'autres moments où vous avez pu vous décrocher des jugements et des critiques et vous engager réellement dans cet exercice avec votre main et quelle différence cela a-t-il eu ?

Enfin, réfléchissez à la façon dont cela s'applique à la vie en général et en particulier aux personnes que vous aimez et auxquelles vous tenez, à ce qui pourrait arriver si vous pouviez accorder ce genre d'attention pleine et curieuse aux personnes avec lesquelles vous vous engagez dans la vie quotidienne.


Travail à faire à la maison : à la fin de chaque session, demandez au client de pratiquer toutes les compétences apprises depuis le début en produisant un nouvel engagement vers un changement de comportement.
Les objectifs devraient être atteignables et spécifiques, et éventuellement ils devraient s’approcher de leurs objectifs initiaux de traitement.

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